24.04.2018Le vrai coût de Sion 2026

Bien que je souhaiterais que les aspects sportifs et émotionnels prennent plus de place dans les discussions autour de Sion 2026, je suis convaincu que parler du fond du projet est essentiel. S’opposer dogmatiquement à l’idée de JO en Valais n’est pas très honnête si l’on ne s’intéresse pas au contenu du dossier.

Les opposants ne se lassent pas de ressortir la fameuse étude de l’Université d’Oxford qui estime que tous les JO depuis 1960 se sont soldés par un dépassement du budget. C’est d’ailleurs la base de leur stratégie : comparer tout et n’importe quoi. Pourtant, des Jeux au cœur des Alpes ne sont pas des Jeux dans une station balnéaire de la mer Noire. Les dépassements budgétaires sont majoritairement dus à la construction d’installations gigantesques. Rappelons donc que pour Sion 2026, les investissements durables devraient se monter à 100 millions de francs seulement (60 millions pour le Valais), soit moins de 5% du budget global.

On peut critiquer le CIO, mais il faut avouer qu’il se réforme. Son Agenda 2020 comprend 40 mesures très concrètes pour inventer les JO de demain. Utiliser l’équipement existant en est un exemple et force est de constater qu’il ne s’agit pas de simples paroles en l’air. Pékin avait construit un stade à plus de 400 millions de francs pour 2008, nous voulons organiser notre cérémonie d’ouverture à Tourbillon.

N’est-ce pas là une illustration frappante? Pékin sera d’ailleurs la prochaine ville à organiser des JO d’hiver. Peut-être a-t-elle compris que le faible dépassement de budget de ses JO (2%) ne signifie pas qu’il n’y a pas eu de retombées économiques importantes. Peut-être Calgary et Turin sont-elles arrivées à la même conclusion, puisqu’elles sont à nouveau candidates.

Je pense donc que le vrai coût de Sion 2026, ce serait d’y renoncer. Renoncer à une publicité planétaire, à la création d’emplois, à 2 millions de nuitées pour notre tourisme, à des investissements limités mais utiles à long terme et à un projet extraordinaire qui pourrait enthousiasmer notre canton et notre pays pendant près d’une décennie. Organiser les JO coûtera cher. Mais laisser passer cette occasion serait encore plus coûteux.

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