courrier des lecteurs

Le musée-bunker Gianadda...

28 juil. 2011

Assimiler le mot bunker à celui de musée ne peut émaner que d'une pensée caporaliste. Bunker est synonyme de casemate ou de réduit fortifié pour certains. Alors que pour d'autres, c'est à la fois un lieu public et de culture, mais aussi de vie car il crée un nouvel espace et un nouveau potentiel urbain. Le bâtiment qui héberge les œuvres d'art et les manifestations culturelles de la Fondation Pierre Gianadda à Martigny met en évidence deux notions clés de l'architecture d'aujourd'hui: rationalisme et préfabrication. A partir d'une base carrée, l'édifice de la Fondation Pierre Gianadda présente un visage pyramidal; chacune des quatre faces est constituée par des éléments préfabriqués modulés architectoniquement et qui mettent en évidence l'idée de symétrie pour mieux organiser la spatialité intérieure; la symétrie de l'ensemble permet de confronter la création artistique à la mise en œuvre de la technologie moderne de la construction. Contrairement à ce que d'aucuns ont écrit, il serait ignare de raser ce soi-disant "musée-bunker"; au contraire, il est la base fondamentale pour un futur agrandissement du bâtiment actuel. Alors, comment agrandir? Tout simplement en hauteur avec une architecture similaire à ce qui existe et "à cheval" sur le bâtiment existant; avec une volumétrie d'une trentaine de mètres de haut, structurée orthogonalement pour confirmer tout son sens à cette symétrie; de base carrée et d'élévation parallélépipédique selon un "carré pointé" disposé sur un "carré droit" existant, une telle disposition exprimerait une transcendance intellectuelle, symbole d'une culture multiple et ouverte sur le monde. Ce qui est à raser, c'est l'inculture architecturale de quelque journaliste du dimanche.
par Jean-Pierre Giuliani, Martigny