Courrier des lecteurs

08.11.2020Le but du système (de santé) est-il de gagner de l’argent ou de soigner ?

Je viens de raccrocher. Le moment de changer d’assurance maladie approche. Enquêtes de satisfaction, propositions de visites gratuites de conseillers en assurance. On est harcelés par ces appels qui vont à la pêche au client et au profit.

Comment notre santé peut-elle être devenue si lucrative? Cet argent nécessaire pour démarcher de nouveaux clients ne devrait-il pas plutôt être investi pour améliorer la prévention des maladies, comme celle des zoonoses (maladies infectieuses d’origine animale, comme le Covid-19)? Ou pour améliorer les conditions de travail des soignants trop souvent sous-payés? Les caisses maladie pensent à leur profit tandis que les dirigeants ne contrôlent plus ces géants qui les font siéger dans leurs conseils d’administration et les manipulent. On a perdu la vision holistique nécessaire à une réelle protection de la population. 

Comment a-t-on pu oublier que la santé n’est pas un bien commercial et voter en 1994 pour une LAMAL si libérale et si peu humaniste? Malgré l’augmentation des charges administratives, nos consultations aident, soignent, préviennent, guérissent parfois. Ces moments de rencontre authentique sont de précieux temps de pause.

Mais ce qu’il faudrait aussi soigner, c’est notre civilisation en déclin, notre société devenue dégénératrice, victime de sa course à la surproduction et à la surconsommation, de son addiction à l’argent, et pour finir, victime de sa propre invention de l’obsolescence programmée.

Il y va de la survie de l’humanité. C’est un combat de fond, bien plus important que celui contre le Covid-19. Pour cela, nous devons avoir l’humilité de constater que nous avons fait fausse route et le courage de nous investir pour changer le système. Et pas seulement le système de santé…

Dre Séverine Cesalli, 1920 Martigny
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