Courrier des lecteurs

20.04.2021L'humain: une espèce bien étrange

Comment en est-on arrivé à mettre du poison sur une pomme, la manger et être ensuite étonné d’avoir un cancer? En se prenant pour Dieu. Nous croyons surpasser la nature, pouvoir la modeler selon nos souhaits, en la considérant comme un simple réservoir de ressources. 

Manger, c’est la chose la plus importante, n’est-ce pas? Pourtant, notre société suisse ne respecte plus les agriculteurs et les agriculteurs ne respectent plus la terre. On veut payer notre nourriture peu cher, pour l’idéologie du consumérisme, et nos agriculteurs s’essoufflent à la poursuite du rendement avec l’aide intéressée de l’agrochimie. On s’autodétruit. 

Croyons-nous que nous sommes à ce point tout-puissants, qu’en mettant ces produits toxiques dans la nature et sur nos aliments, il n’y ait pas de conséquences? Il faut se réveiller! Sans la biodiversité, les sols et tout le système terre, nous ne produirons plus rien à manger. Certains sols sont déjà infertiles sur terre à cause de notre agriculture. Comme lorsque nous voyions les premières images du Covid en Chine ou en Italie, nous ne pouvions pas imaginer ce qui nous arriverait quelques semaines plus tard. L’infertilité des sols nous paraît également improbable et lointaine, mais elle est à notre porte. 

Choisir la bonne voie, c’est maintenant ou jamais. Lorsqu’il n’y aura plus d’insectes, plus de vie dans le sol, et que les cancers et l’infertilité toucheront nos enfants, il nous restera plus que nos yeux pour pleurer. Cessons de se prendre pour Dieu et choisissons ce qui est le mieux pour nous, nos enfants et nos chers producteurs: consommez local et votez oui à l’initiative contre les pesticides de synthèse.

Anouchka Bagnoud, 3967 Vercorin
Top