courrier des lecteurs

L'affaire Nef embarrasse les cadres !

4 sept. 2008

L'affaire Nef embarrasse les cadres ! La manière dont le Conseil Fédéral a réglé cette affaire, soit le versement de 6 mois de salaire, ainsi qu'une indemnité de Fr. 275'000.- a de quoi surprendre et mérite quelques commentaires. En effet, l'argent du contribuable n'est pas à disposition pour réparer les " boulettes des départements ". Si dans le privé, nous avons déjà vécu ces dernières années quelques extravagances dans ce domaine avec des indemnités juteuses et non justifiées, les Conseillers Fédéraux ne doivent pas forcément s'engager dans cette voie ! Engagé en 2007, donc à peine au courant de son nouveau mandat, Roland Nef n'a pas pu, en si peu de temps, se montrer pleinement opérationnel. Dès lors, comment se fait-il qu'on puisse lui octroyer une récompense de cette ampleur ? Les fonctionnaires n'ont pas à recevoir d'indemnités de départ. Ils disposent en principe d'un bon contrat de travail, de conditions sociales intéressantes, de la sécurité de l'emploi ou de mesures de réinsertion attractives, de possibilités de rotations internes. Il s'agit simplement de respecter le délai de résiliation. La majorité des collaboratrices, des collaborateurs, voire des cadres de nos entreprises, se contentent des conditions légales, soit de 2 ou de 3 mois de salaire ! L'affaire Nef jette le discrédit sur les cadres auprès de la population. Les fonctions dirigeantes font déjà l'objet de nombreuses critiques de la part des syndicats de par l'ampleur de leur salaire annuel. A l'avenir, le Conseil fédéral devra se montrer moins généreux en cas de rupture contractuelle, surtout, lorsqu'en plus, les prestations fournies n'auront pas été à la hauteur des attentes.
par Bernard Briguet, Directeur romand de l'Association suisse des cadres