Courrier des lecteurs

25.03.2021«Infrarouge»: s’il est interdit d’en rire, peut-on en pleurer?

Nous pouvons toujours faire confiance à l’équipe d’«Infrarouge» pour tourner une belle occasion d’informer le public sur le phénomène militant de notre décennie en une confuse bouillabaisse d’opinions. 

Une Claude-Inga Barbey visiblement très affectée par cet outrage préfabriqué, un Jacopo Ograbek, représentant du Collectif Radical d’Action Queer dont la lettre au «Temps» devrait le faire rougir, un Dominique Ziegler qui a oublié sa casquette de commissaire politique au vestiaire du conformisme et un Patrick Chappatte qui, à lui seul, sauve ce radeau de la Méduse du complet naufrage.

Bercée par la houle des platitudes, l’émission a pagayé autour de l’hérétique du jour sans jamais être en vue d’un rivage. Les auditeurs auraient sans doute apprécié un peu d’expertise et une touche d’analyse. Chappatte l’a esquissée mais il a dû se sentir bien seul. Or ce petit drame s’inscrit dans une dynamique culturelle plus large, celle d’un grand réveil militant, matérialisé aux Etats-Unis depuis le début des années 2010 et importé en Europe par divers activismes de gauche et entrepreneurs de l’indignation. 

L’écriture inclusive, les toilettes ou panneaux non genrés, les manifestes de la grève des femmes ou encore les manifestations Black Lives Matter sont autant d’îlots d’un même archipel. Nos journalistes y font du tourisme, mais, apparemment, sans jamais se demander pourquoi l’orchestre du bar joue partout le même répertoire.

Moos Olivier, 1971 Champlan
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