courrier des lecteurs

Quel avenir pour les résidences secondaires?

29 oct. 2009

Dans les débats du Grand Conseil et les informations contradictoires des médias, il n'est guère fait état des charges actuelles des résidences secondaires au profit des aliénateurs des terrains, des entreprises de construction, des structures touristiques, des contributions payées à double pour l'habitation principale et pour la résidence secondaire occupée peu de temps ou presque abandonnée. Les bénéficiaires des contributions sont les communes touristiques: impôts fonciers, fortune, valeur locative, taxes de base eau potable, égouts, ordures ménagères, taxe touristique, appels à plus-values; les cantons: impôts sur la fortune et sur le revenu; la Confédération: impôt sur le revenu. A ces contributions, il y a lieu de prendre en compte les frais d'actes, les impôts sur les gains immobiliers et les successions en ligne collatérale, les biens en déshérence, les frais d'entretien, le gaspillage en énergie de chauffage et d'électricité, les primes d'assurances... Les résidences secondaires constituent d'abord un rêve, puis souvent une désillusion, voire un cauchemar, pour beaucoup de propriétaires déçus des contraintes et des charges nouvelles liées à un lieu de séjour. En outre, quelles solutions peut-on envisager pour nos chalets, des mayens rénovés et construits antérieurement à leur classement en zone agricole? Chalets inhabités ou occupés quelques jours par an, leurs propriétaires se demandant comment se désengager de leurs chers mayens délaissés, improductifs, en friche, s'ils ne trouvent pas des locataires ou des acquéreurs. Une habitation principale plus confortable remplace avantageusement les servitudes d'un deuxième logement superflu. D'autre part, plus particulièrement sur la rive droite du Valais central, la démesure de l'extension accélérée des mégastations paraît de moins en moins justifiée, en regard des perspectives de la disparition des glaciers, du permafrost au-dessous de 3000 m d'altitude, de la durée de l'enneigement de plus en plus aléatoire, de la pénurie des ressources en eau. Qu'importe la sécheresse de l'environnement, les surfaces herbagères envahies par les feuillus, pourvu que la manne fiscale prenne l'ascenseur sur l'autel du tourisme, au détriment des autres secteurs de notre économie cantonale. Vu ces arguments, le financement des structures organisationnelles du projet de loi si contesté devrait être assuré par le canton et les communes touristiques largement bénéficiaires de la manne fiscale déjà prélevée sur les établissements d'hébergement et les résidences secondaires. Un "non" au vote du 20 novembre s'impose pour un renvoi à un projet de loi plus équitable, cohérent et consensuel, impliquant le refus des taxes d'hébergement, d'incitation et de promotion touristiques sur le dos de contribuables hôtes de notre tourisme et agents de l'entretien du paysage.
par Germain Caloz, Miège