courrier des lecteurs

Non à l'initiative «contre l'immigration de masse»

16 janv. 2014

Immigration – Trois raisons de voter non L'initiative de l'UDC «contre l'immigration de masse» veut mettre en place une réorientation fondamentale de la politique d'immigration suisse par une réglementation exhaustive. Elle vise en particulier le contrôle de la Suisse sur les contingents de migrants à travers la création de quotas maximaux annuels pour tous les enregistrements. Cette mesure a pour but de contrer les conséquences négatives de l'immigration, comme la pénurie de logements, la congestion des transports en commun ou les pressions salariales, mais en réalité, c'est plutôt aux immigrés que l'initiative s'attaque. Les Jeunes Verts valaisans vous recommandent de rejeter cette initiative pour trois principales raisons. Premièrement, la qualité de vie en Suisse ne se maintiendra pas en limitant l'immigration, mais en mettant en place des mesures d'accompagnement crédibles. La loi sur l'aménagement du territoire doit être rigoureusement appliquée afin d'assurer l'accès à des logements à loyer abordable. Sur le marché du travail, il convient de prendre des mesures pour lutter contre la sous-enchère salariale et le travail au noir, afin de garantir des conditions de salaire équitables pour tous. Enfin, dans les secteurs économiques en manque de personnel qualifié, il y a lieu de mener une offensive sur le front de la formation plutôt que de limiter l'accès des migrants à des marchés d'emplois qui ne trouvent pas assez de personnel qualifié en Suisse. Deuxièmement, le développement économique durable est une bien meilleure solution que la restriction de l'immigration. En effet, une cause majeure de l'immigration est la croissance incontrôlée dans certaines régions de la Suisse. Les cantons et les communes mènent des politiques agressives afin d'attirer des entreprises étrangères en Suisse grâce à des forfaits fiscaux. Ces compagnies apportent en général une très grande partie de leur personnel, souvent hautement qualifié, avec elles. Au lieu de restreindre l'immigration, le problème doit donc être traité à la racine. Une harmonisation de la fiscalité est nécessaire. De plus, l'économie devrait se concentrer sur le développement durable et favoriser les entreprises locales. Dernièrement, en exigeant un contingentement annuel, l'initiative de l'UDC n'est pas compatible avec l'accord sur la libre circulation des personnes conclut avec l'UE. Ce texte met donc en péril les accords bilatéraux et pourrait voir les frontières de l'Europe se fermer aux Suisses de la même façon que la Suisse les ferme aux étrangers. De plus, il ne garantirait pas, contrairement à son intitulé, une limitation de l'immigration: alors qu'un tel système de contingentement existait dans les années 60 et 70, l'immigration y était plus forte que ces dernières années.
par Pour les Jeunes Verts Valaisans, Mathieu Quinodoz