courrier des lecteurs

Droit de recours: Le cas de Bruson

18 nov. 2008

"Madame, ne laissez pas faire ce projet!" Tel est le cri du cœur d'un Bagnard, dans une lettre anonyme adressée à la secrétaire du WWF Valais. Des mots rapportés sur les ondes de la RSR. Cet habitant, opposé au projet de construction d'un complexe touristique dans les mayens de Bruson, n'a pas osé afficher son nom. Sa dernière chance de faire entendre sa voix, c'est le droit de recours d'une association. Il n'est pas le seul habitant du val de Bagnes dans ce cas. J'entends beaucoup d'inquiétudes au sujet de ce projet. Et pas de la part d'écolos! Mais peu osent revendiquer publiquement leur désaccord. Je me dis donc que cette fameuse adhésion populaire vantée par les autorités, presque brandie comme une menace, n'est pas si forte que ça. Comme il n'y a pas de débat public, aucune opinion divergente ne peut s'exprimer. Tout ce qu'on nous dit, c'est: "Des millions vont tomber." Dans une commune qui s'est développée à tel point que certains doivent migrer pour trouver un logement à un prix raisonnable, il est tout à fait pertinent de faire une pause et de se demander si ces millions sont vraiment une aubaine pour la population. La fuite en avant n'est pas la solution. Il ne suffit pas de "copier-coller" les recettes qui ont marché dans les années 1950 pour développer Verbier. Bruson est un endroit encore préservé, cher au cœur des Bagnards. Bagnes a déjà sa grande station. Qu'elle profite de ses zones de mayens pour y développer un autre tourisme. C'est la diversification qui est garante d'avenir, pas la multiplication des gros complexes hôteliers et la construction de routes goudronnées jusque dans les alpages! Aux Bagnards et Bagnardes qui espèrent un développement plus harmonieux de belle vallée, mais qui ne peuvent pas faire entendre leur voix, il reste une solution: voter "non" à l'initiative sur le droit de recours.
par Béatrice Murisier Vielle, Bagnarde émigrée à Vernayaz