courrier des lecteurs

Cohérence politique et engagement pour le désarmement

16 nov. 2009

La politique internationale de la Suisse s'appuie sur sa neutralité, ses propositions de bons offices et la défense des droits humains. Cette politique a fait ses preuves, comme on l'a vu dernièrement lors de la signature de l'accord entre la Turquie et l'Arménie ou lors de son engagement comme médiateur entre l'Iran et les Etats-Unis. Une telle politique ne peut être compatible avec l'exportation d'armes vers des pays en guerre ou en équilibre instable. En 2008, par exemple, la Suisse a exporté des armes dans 72 pays, dont Israël, en guerre avec la Palestine et des pays comme le Pakistan et l'Afghanistan où les talibans sèment la terreur et la misère. Le PCS est de l'avis qu'il n'est pas possible de défendre une politique basée sur la neutralité et la non-ingérence, et en même temps de vendre des armes à des pays en guerre. Seule une politique extérieure cohérente de la Suisse lui accordera de la crédibilité et du succès. Or, comment défendre à la fois les droits humains à la tribune de l'ONU à New York, et permettre dans le même temps d'exporter du matériel de guerre dont les premières victimes sont des civils, en majorité des femmes et des enfants. Il est également prouvé sur le terrain opérationnel que les armes favorisent la violence et l'insécurité. La guerre n'est pas une solution car elle signifie échec, déclin et désolation. Tout doit être mis en œuvre afin que des solutions politiques soient trouvées pour résoudre des problèmes entre Etats. En acceptant cette initiative, qui reste le seul moyen efficace pour une exportation zéro de matériel de guerre, la Suisse donnera un signal fort de son engagement pour le désarmement et le contrôle des armes. Elle apportera une contribution essentielle au maintien de la paix et à la construction d'un monde meilleur.
par Eddy Beney, PCS, Sierre