courrier des lecteurs

Aux armes citoyens!

7 févr. 2011

L'initiative "Pour la protection face à la violence des armes" tente de nous faire croire que le suicidé a accompli son geste parce que son fusil militaire l'a persuadé de le faire. S'il s'était pendu, qu'il avait sauté d'un pont ou s'était jeté sous le train, désignerait-on la corde, le pont ou le train comme les responsables de sa mort? On ne peut pas rejeter la faute sur les "outils", fussent-ils des armes. Et encore moins lier ces dernières à un usage automatiquement néfaste. Si la présence d'une arme induisait magiquement la mort de son propriétaire ou d'autrui, notre pays ne serait qu'un immense cimetière puisque plusieurs millions d'armes sont la propriété des Helvètes. Les suicides et les menaces domestiques avec des armes à feu restent des exceptions spectaculaires que les initiants ont montées en épingle pour leur caractère émotionnel. Cela n'est pas la norme. Savez-vous quel est l'objet le plus utilisé pour infliger des coups et des blessures lors de querelles domestiques de nos jours? C'est le fer à repasser, qui a détrôné le rouleau à pâtisserie pour cet usage. Il est en vente libre. Faut-il l'interdire? De plus, les armes servent fréquemment à sauver la vie d'innocents, même si ce sujet tabou est systématiquement occulté. La dangerosité n'est d'ailleurs pas dans la contenance d'un fusil ou d'un pistolet, qu'il soit militaire ou civil, mais dans la volonté de s'en servir pour nuire. Dans notre pays, cela démontre bien que, même si la nécessaire liberté d'opinion autorise les thèses les plus délirantes "concernant la violence des armes", tous les citoyens légalement armés, militaires, chasseurs, tireurs et collectionneurs, ne perdent pas les pédales pour autant. Il faut voter non à cette initiative qui veut déresponsabiliser tous les Suisses. Alors, aux urnes citoyens!
par Jean-Dominique Cipolla, Martigny