courrier des lecteurs

2e pilier - Pas de privilèges pour les privilégiés!

11 févr. 2010

La prévoyance vieillesse a toujours subi les assauts des catastrophistes. L'AVS "en faillite" est le slogan le plus répandu de la politique sociale helvétique. Il n'en est pourtant rien! En matière de prévoyance professionnelle, la LPP doit permettre le maintien du niveau de vie antérieur. Or, ni l'AVS ne couvre les besoins vitaux ni la LPP ne garantit le niveau de vie antérieur. La Constitution fédérale n'est pas respectée. Et certains voudraient encore baisser les rentes! En théorie, la baisse du taux de conversion est "neutre". On répartit le capital épargné sur une plus longue espérance de vie. Mais les retraités ne se nourrissent pas de pour-cent! Qui meurt avant l'âge statistique utilisé pour déterminer le taux? Les catégories socioprofessionnelles les plus basses; les personnes aux métiers les plus pénibles, aux taux d'invalidité les plus élevés, à l'espérance de vie la plus courte, aux salaires les plus bas... et donc aux rentes les plus faibles. Si les actuaires élaborent des perspectives, la politique définit les contours de la solidarité. La science est une béquille pour raisonner, elle n'est pas une vérité politique. D'ailleurs, les actuaires se disputent avec des visions fort différentes sur cette question. Certains voudraient abaisser le taux à 5,6%, pour d'autres, les 6,8% déjà décidés sont une vision trop pessimiste! Pourquoi descendre encore et déjà à 6,4%? Le Parlement, en réduisant le taux de conversion de 7,2% à 6,8%, a fait son travail. La gauche ne s'y est pas opposée. Aller plus loin est précipité et antisocial. Il est temps de mettre un frein aux pressions sur les prestations sociales. De manière éhontée, la majorité bourgeoise procède à un jeu de massacre sur l'assurance chômage alors que nous sommes en période de crise. Dans le même élan, elle biffera des milliers de rentes AI. Pendant ce temps, les inégalités ne cessent de croître. A baisser les rentes, on accroît la précarité et réduit la capacité de consommation. Cette révision privilégie les hauts revenus, assurés avec une LPP surobligatoire. C'est inacceptable et injuste. Il faut la rejeter.
par Stéphane Rossini, conseiller national