Courrier des lecteurs

24.09.2019Dura lex sed lex

Les systèmes de santé d’aujourd’hui peuvent être comparés aux jeux et kermesses du temps passé, car les moyens et compétences nécessaires au bien-être de chacun étaient alors lacunaires et le pouvoir peu conscient des misères que cela engendrait, tout en appliquant les mêmes principes qu’aujourd’hui.

Ce ne sera qu’au XVIIe siècle que Louis XIV fit construire l’Hôpital des Invalides visant à soulager ses propres soldats des blessures qu’il avait provoquées par ses guerres; et qu’au XIXe siècle que l’Etat encouragea la création d’hôpitaux publics parce que la science s’imposait de plus en plus face aux croyances individuelles qui permettaient alors à un Molière de se moquer à raison des affabulations de certains se prétendant médecins, mais dont le seul argument était trop souvent: «Seule l’autopsie pourra infirmer mes théories».

Il aurait aussi pu dire: «Je dispose de mon patient, car tel est mon bon plaisir».

Une constante apparaît donc: le pouvoir, pour survivre, se doit d’assurer le bien-être du peuple avec les moyens de son époque.
Plus tôt, le pouvoir se plia au devoir de distraire le peuple. Plus tard, la Suisse inscrivit dans sa Constitution l’obligation d’assurer le bien-être de ses citoyens (art. 41B).

Dans l’Antiquité, les jeux du cirque confortaient la puissance de Rome, plus tard apparut la Foire du Trône voulue par un roi à la faiblesse bien connue même face à ses propres vassaux dans une France qui se construisait péniblement et aboutit quand même à la monarchie absolue que le même Louis XIV imposa tout en faisant construire les Invalides! 

Le pouvoir d’aujourd’hui a donc intérêt à conserver ses hôpitaux publics malgré la pression imposée par le monde économique de par sa loi qu’il prétend universelle. La loi sera dure mais ce sera la loi. Mais qui fera la loi?

Coquoz, 1918 La Tzoumaz
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