Courrier des lecteurs

13.01.2020Quelle école voulons-nous?

C’est un banal incident de la vie scolaire: à la fin d’un test, deux élèves se laissent aller à rigoler et à se faire des signes alors que les copies n’ont pas encore été rendues. L’enseignante les aperçoit, la sanction tombe comme un couperet: 0 pour tricherie!

Secouées, les deux élèves en question reconnaissent leur indiscipline, s’excusent, tentent de s’expliquer: «on rigolait, on ne parlait pas du test», on ne les croit pas. Mais elles n’ont pas triché, affirment-elles, elles se sentent victimes d’une injustice. Peu importe, l’enseignante ne revient pas sur sa décision, le 0 est maintenu, sans preuve de tricherie.

Alors je m’interroge: comment ces jeunes en question doivent-elles se sentir si elles sont vraiment innocentes? Quels dégâts sur l’estime de soi une telle décision coûte-t-elle? Quelle image de l’école et du monde adulte une attitude aussi inflexible donne-t-elle? Quel rôle pourraient jouer la bienveillance et l’écoute empathique dans un tel cas?

Poussons la réflexion un peu plus loin: quelle école voulons-nous pour ces jeunes dans cet âge fragile où ils ont tant besoin d’être écoutés et encouragés? Pourquoi tant d’élèves n’aiment-ils pas l’école ou même la détestent-ils? Comment et pourquoi le stress des notes remplace-t-il trop souvent le plaisir d’apprendre qu’on devrait ressentir dans les établissements scolaires? Notre école valaisanne est fière de ses résultats révélés par les tests Pisa. Mais ces tests ne montrent pas tout, loin de là. 

Le rôle de l’école n’est pas seulement de donner des connaissances académiques mais aussi de former des esprits ouverts, tolérants et souples, capables de se remettre en question. Il incombe à ses représentants, à savoir les enseignants et les autorités scolaires, d’en être des exemples pour que l’école remplisse pleinement sa mission d’instruire, d’élever et finalement de transformer la société pour un mieux-être général. 

Eric Bagnoud, 3968 Veyras
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