courrier des lecteurs

Les avions, non, les terres, oui

2 févr. 2011

Au titre de leur défense nationale, les Chinois achètent des dizaines de milliers d'hectares de terres agricoles dans le monde. En France voisine, des milliers d'hectares de terres agricoles sont en friche et en vente. En Suisse, malgré les merveilleuses théories de développement durable, le déséquilibre durable est clairement chiffrable. Notre autonomie alimentaire (rapport sol-hommes) est de 60%. Notre surpopulation et notre insuffisance alimentaire sont de 40%. C'est là qu'est la clef de notre défense nationale. Pour pouvoir vivre, travailler et se battre, il faut d'abord manger. Cette contrainte – hors les stocks vite épuisés – est complètement ignorée dans la stratégie à long terme de notre défense nationale. L'autonomie alimentaire est fondamentale. La dépendance alimentaire est pire que la dépendance énergétique. Or la pression de la demande sur les matières premières alimentaires ne cesse de croître et va croître encore avec l'augmentation de la population mondiale. Le Forum économique mondial de Davos s'en inquiète déjà. La priorité des dépenses de défense nationale doit donc désormais être réorientée et accordée à l'acquisition de terres agricoles en territoires proches. Il vaut mieux anticiper et investir pacifiquement pour la durée pendant que nous le pouvons. Le gouvernement d'aujourd'hui est responsable de l'alimentation de demain. Investir, n'est-ce pas une spécialité helvétique? Tout est négociable mais pas la flambée des prix des aliments, voire leur indisponibilité sur le marché. Les avions se démodent. Le besoin de manger demeure.
par Wolfgang Guerraty, Sion