Courrier des lecteurs

30.05.2021Comme au supermarché

«Chaque cave prend ce dont elle a besoin pour conquérir les marchés. (voir article sur la viticulture de Patrick Ferrari dans «Le Nouvelliste» du 31 mai). Comme au supermarché, l’avenir des vignerons est dicté et tout tracé: 2 caisses de Fendant par ici, 3 caisses de Cornalin par là et… après réflexion… encore 5 caisses de Diolinoir. Voilà, les caves ont fait leurs emplettes. Elles passent à la caisse, paient en liquide (oups) et le tour est joué. 

Et le vigneron, que va-t-il faire avec les 6 autres caisses de Syrah, les 3 autres caisses d’Ermitage? Et bien, ce n’est pas le problème des acheteurs. Les vignerons concernés doivent faire preuve de compréhension vis-à-vis des choix stratégiques des acheteurs, de patience et attendre l’année suivante en continuant inlassablement d’effeuiller, de sulfater (le plus bio possible), d’arroser (pas trop), de surveiller le début de maladies, d’enherber (juste entre les lignes et non sous le cep), etc. Pour le plaisir (comme la chanson). Hallucinant. Juste scandaleux à cinq mois des vendanges. 

Alors quand Olivier le petit vigneron déclare «travailler une vigne qui ne rapporte rien, autant tout arracher», je partage sa douleur et je me dis: «A quoi bon encore entrer dans le supermarché.»

Chantal Dubuis, 1965 Savièse
Top