Courrier des lecteurs

10.09.2020Aux soignants oubliés et dé-primés

C’était prévisible… pourtant, quand nous étions applaudis au plus fort de la crise, nous y avons tous cru! Nous avons tous accueilli ces applaudissements avec une satisfaction toute particulière, parce que nous n’avions pas attendu la Covid-19 pour nous exposer, en ne faisant «que» notre travail, dans des conditions parfois si difficiles. Ce travail si peu considéré en temps normal qui révèle toute son importance en une telle occasion. 

Pourtant, admettons-le, tous les soignants n’ont pas été exposés de la même manière au virus! Pour la plupart d’entre nous, nous l’avons même vu de loin! Le paradoxe entre des services en surcapacité et d’autres désertés comme jamais par les patients et parfois même fermés! Mais les applaudissements résonnaient dans nos cœurs pour toutes les fois où nous agissons hors des projecteurs, sans bruit, fier de ne faire «que» notre travail mais de la faire bien. 

Une reconnaissance matérielle symbolique aurait été bienvenue. Mais à une prime ponctuelle qui ne saluerait l’engagement de notre profession, et de bien d’autres, que dans cette seule crise, et qui pose d’évidents problèmes de répartition et de trésorerie, je préfère mille fois une revalorisation globale et durable de ce que nous accomplissons tous les jours, souvent dans l’ombre, au chevet des patients et une amélioration de nos conditions de travail générales! 

En cette année de l’infirmière, la pandémie a ouvert une fenêtre inattendue sur les professions soignantes et leur rôle essentiel! Nous ne la laisserons pas se refermer sur des remerciements dont on peut parfois douter de la sincérité et de simples promesses. Nous voulons du concret! Et notre initiative qui sera votée l’an prochain ne permettra pas au monde politique d’esquiver le débat une fois de plus…

Alexandre Maret, Infirmier HES, 1907 Saxon
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