courrier des lecteurs

Attentat en Norvège: appel pour un nouveau pacte social

28 juil. 2011

Un terroriste a frappé la Norvège. Il se présente comme un chrétien fondamentaliste et fait appel aux imitateurs de le suivre. Anders Behring Breivik a tué presque 100 personnes vendredi 22 juillet 2011. Dans son manifeste de 1500 pages il identifie le multiculturalisme comme cause principale de la prétendue islamisation rampante de l'Europe. Ainsi, il a jugé opportun d'exterminer ses partisans. Le jeune homme de 32 ans tue 100 de ses compatriotes pour sauver la société des soi-disant ennemis endogènes... Il a également énuméré des cibles en Suisse, telles les raffineries de Cressier et Collombey ou les centrales nucléaires de Beznau, Gösgen, Leibstadt et Mühleberg. En Suisse, un demi-million de traîtres auraient, selon lui, facilité l'immigration des musulmans dans notre pays. Mais quelle menace présentent-ils vis-à-vis de ses propres actes atroces? Quoi qu'il en soit, une société ouverte et moderne ne peut jamais entièrement prévenir de telles menaces venant de tendances radicales variées. Or, nous devons développer la cohésion de la société, car la division et la haine sont des terrains fertiles pour la violence. Nous devons tenter d'intégrer chaque individu dans nos structures sociales et politiques. Nous devons donner un rôle à chacun-e dans notre société et lui donner la possibilité d'exprimer ses besoins et doléances. Les avis et convictions peuvent différer entre les religions, les sexes, les âges et bien d'autres facteurs, c'est la manière de traiter cette altérité qui fait toute la différence. Anders Behring Breivik accuse le multiculturalisme de tous les maux des sociétés européennes. Il n'en est de loin pas le seul. Effectivement, le multiculturalisme est un concept caduc, car il appelle à une coexistence parallèle de "cultures" monolithiques et rigides. Nous devons plutôt conceptualiser un pluralisme d'identités dynamiques pour chaque individu. Si ce n'est pas la religion ou la conviction politique, il y a d'autres couches d'identité qui nous relient aux gens qui nous entourent. C'est le dialogue engagé et honnête qui nous permet de les identifier afin de les traduire en potentiel commun pour un nouveau pacte social: l'unité dans la diversité.
par Pascal Gemperli, Morges