courrier des lecteurs

Visages floutés ou non: la TSR applique les règles du Conseil de la presse

24 janv. 2012

Dans vos colonnes du 18 janvier, et dans cette même rubrique, M. Yannick Buttet s'indignait du fait que la Radio Télévision Suisse, dans son «Journal de 19 h 30» du 15 janvier, ait flouté le visage du braqueur présumé d'UBS à Delémont. Cette décision a été prise non pour «protéger les criminels», mais en vertu d'un principe cardinal de la profession de journaliste: celui de la présomption d'innocence. La RTS ne montre jamais le visage d'un suspect sauf intérêt public prépondérant, c'est-à-dire, en particulier, mise en danger imminente de la vie d'autrui. En l'occurrence, cette condition ne nous semblait pas remplie. Autre exception: si le suspect est un personnage public. Raison pour laquelle nous avons montré le visage de Dominique Strauss-Kahn mais, à l'inverse, nous avons flouté et n'avons pas donné le nom du trader londonien d'UBS. Quant au cas du capitaine du paquebot italien échoué, c'est parce qu'il a donné des interviews télévisées et que sa fonction est publique dans le cadre d'un accident impliquant son bateau que nous n'avons pas flouté son visage. Nous ne faisons que suivre, dans ce domaine, les directives du Conseil de la presse.
par Christophe Minder, Responsable Relations médias RTS