courrier des lecteurs

«Passé écologique»

5 oct. 2011

Petit retour sur les arolles du Grimsel que les traditionnels pourfendeurs des organisations de protection de la nature invoquent. Réduire le rehaussement du barrage du Grimsel à l'abattage de 46 arolles montre une inquiétante méconnaissance du sujet. Volontaire ou non, ce raccourci trompe les lecteurs. Au-delà des arbres disparaîtraient surtout un kilomètre carré de paysage alpin de haute valeur (en particulier les bords du glacier de l'Unteraar), ainsi qu'une grande partie du marais d'importance nationale du Grimsel. Ce site est strictement protégé par la Confédération. On ne peut pas le détruire sans changer la loi. Pour rappel, cette loi et cette protection sont la volonté du peuple suisse qui a accepté l'initiative de Rothenturm il y a quelques années. Les détracteurs des organisations oublient aussi que les deux autres projets des Forces motrices du Grimsel, qui permettent une augmentation substantielle de la capacité électrique, n'ont pas suscité d'opposition car ils respectent la loi. Ces deux projets peuvent être réalisés dès maintenant. Les discussions autour du nucléaire font perdre toute proportion à beaucoup et, face à ce «sacrifice», tout devrait être permis et tous les acquis environnementaux devraient être remis en question. La tentation est grande (souhaitée par certains) d'échanger le nucléaire contre une liberté totale sur les autres énergies, même si la nature doit en pâtir. Alors que nous avons le plus besoin d'un consensus collectif pour définir ce qui est possible et ce qui répond au mieux au principe de gestion durable, cette attitude fait partie du «Passé écologique».
par Pro Natura Valais / Thierry Largey, Sion