courrier des lecteurs

La vraie barbarie

16 déc. 2010

Au professeur François-Xavier Putallaz Votre prise de position du 14 décembre dernier concernant l'aide à une mort digne quand la souffrance physique et morale touche à l'insoutenable, lors d'une maladie incurable, m'a profondément atterré. Comment pouvez-vous voir en ce geste un acte barbare, opposé au principe humaniste de la civilisation? Je devine en vous cette arrogante bienfaisance catholique qui s'invite par trop dans nos intimités et nos moments ultimes. Je ne peux dès lors m'empêcher de vous reprocher que la vie semble sacrée, selon vous, uniquement dans sa phase utérine et à la porte de la mort. Quid de toutes ces vies – et je ne parle pas uniquement de celles des enfants – qui sont assassinées par la famine, la misère et la guerre? Faut-il y voir le juste salaire du péché originel? En tous les cas, ces assassinats planifiés par la cupidité des nantis semblent échapper à votre vindicte. Je n'ai pas souvenir de vous avoir lu à ce sujet. Or, là est la barbarie qui plombe les soubassements d'une civilisation qui se prétend humaniste et chrétienne. Il est inutile de chercher ailleurs un nouvel Auschwitz.
par Blaise Augsburger, Chamoson