courrier des lecteurs

Heureux et déçu

2 oct. 2009

Ce fut l'une des plus grandes manifestations de salariés et retraités depuis toujours le samedi 19 septembre à Berne et j'en suis pleinement heureux. Cette mobilisation importante a démontré clairement le ras-le-bol, l'exaspération et la colère face à la détérioration générale des conditions de vie et de travail. On pourrait s'étonner que l'ensemble des syndicats aient appelé ensemble à un tel rassemblement unitaire. Cela n'a pourtant rien de mystérieux: ils ne pouvaient pas faire autrement que de prendre les devants de la montée grandissante de la colère sociale pour occuper le terrain sous peine de se discréditer et de se déconsidérer totalement aux yeux des salariés et des rentiers. Il y a longtemps que la crise s'aggrave, que la rogne sociale s'exprime et qu'elle s'accentue de jour en jour sans que la gauche et les syndicats ne lèvent le petit doigt. Ce samedi 19 septembre, la nécessité les y a poussés. Ainsi, cette journée a permis à la gauche et à tous les syndicats de tenter de redorer leur blason. Cette journée n'a permis qu'une chose: "laisser échapper un peu de vapeur de la cocote minute sociale plutôt que d'exploser de façon incontrôlée". La gauche et les syndicats avaient un défouloir tout trouvé faisant l'unanimité. Et cela a permis aussi aux ténors du PS de reprendre place dans les cortèges de manifestants. Déçu, certes, je le suis un peu par le manque de participants à la manif. Mon objectif un peu ambitieux était de 50 000 personnes, vu l'importante masse d'ouvriers et d'ouvrières de ce pays, du nombre de retraités et pensionnés. Il faut croire que les moyens financiers de cette tranche de la population ne les touchent pas beaucoup. Et ces personnes sont peut-être les mêmes qui ont refusé la caisse maladie unique (!) et qui maintenant se lamentent sur l'augmentation des cotisations de leur assurance. Un proverbe dit: "Vous l'avez voulu, vous l'avez."
par Raymond Puippe, Saint-Maurice, ancien président AVIVO