courrier des lecteurs

Et des claques?

11 févr. 2010

Chaque hiver revient avec son lot de victimes d'avalanches et celui-ci sera loin de faire exception à la règle, hélas! A chaque fois, c'est le même débat qui resurgit à propos des "freeriders", ces matamores du hors-piste qui tendent à s'arroger tous les droits, y compris celui de mettre en danger d'autres vies humaines. Par médias interposés, on a pu les voir et les entendre, du haut des pentes, irrespectueux au possible, clamant leur liberté en oubliant que cette dernière s'arrête là où commence celle des autres et qui est de s'adonner à leur sport en toute sécurité. D'ici à ce que ces imprudents impudents organisent une conférence de presse il n'y avait qu'un pas. Il vient d'être franchi avec ce jeune skieur qui a passé récemment dix-sept heures sous 50 centimètres de neige du côté d'Evolène. Sauvé! Heureusement, dirons-nous. Avec l'engagement de force hélicoptères et d'une vingtaine de sauveteurs, de nuit comme de jour. Et le miraculé rescapé de s'en trouver quasiment médaillé. Pour toute personne bien-pensante, les vrais "kings" sont à rechercher parmi les membres des colonnes de secours qui, saisons après saison, parfois au péril de leur vie, témoignent d'un professionnalisme et d'une détermination à toute épreuve, faisant fi de la fatigue et des nuits sans sommeil... ou si peu. Tout cela aux frais de qui à propos? Ceux-là mériteraient plus souvent de faire la une et de figurer au tableau d'honneur. Etrange monde où l'on voit des myriades de micros et caméras se tendre vers des héros de pacotille, alors que des claques méritées se perdent... Détail intéressant tout de même: notre jeune miraculé a avoué avoir prié pour la première fois. Il est vrai que la trouille, ça ne se commande pas.
par Philippe Sauthier, Vétroz