courrier des lecteurs

Espace Schengen: Des économies de bouts de chandelles

6 mai 2010

La Suisse, devenue membre de l'Espace Schengen le 12 décembre 2008, a ordonné au Corps des gardes-frontière d'effectuer des contrôles à n'importe quel endroit du territoire et à toute heure. La rapide augmentation du trafic routier, générée par la mondialisation, enregistre un flux journalier d'environ 25 000 véhicules à certaines douanes. Un contrôle systématique n'est donc plus possible. Même une minute prise pour le contrôle d'un véhicule nécessiterait 417 heures, équivalant à 17 journées de contrôle! Confrontées à un tel dilemme, les fouilles systématiques ont été interrompues bien avant décembre 2008! En contrepartie, les gardes-frontière profitent de certains accords leur permettant de poursuivre les délinquants hors de nos frontières. L'arrestation des fuyards reste cependant l'affaire de la police du pays concerné et franchir la douane ne constitue plus un sésame pour éviter la prison. Ceci d'autant plus que nos frontières couvrent des milliers de kilomètres surveillés par quelques postes de contrôles. Toutefois, les bénéfices de l'Espace Schengen sont quelque peu amoindris par une recrudescence de vols, de trafics de drogue, de dommages à la propriété, de mendicité et de faits divers qui emplissent nos quotidiens et alimentent moult débats sur la sécurité en Suisse. Genève est particulièrement touchée par la criminalité. Une augmentation des effectifs de la police et des gardes-frontière associée à des peines plus lourdes pourrait contribuer à diminuer la délinquance. Dans ce contexte, les économies "de bouts de chandelles" du ministre Merz – suppression de la formation de vingt gardes-frontière à Genève – ne susciteront que colère et inquiétude.
par Jacqueline Bovier-Widmer,Sierre; Marie-Claire Zufferey, Leytron