courrier des lecteurs

Elections du conseil fédéral: solution sarkozienne

13 juil. 2009

Expatrié en France depuis deux ans, c'est avec un fort intérêt que je suis la politique française. La France s'est habituée depuis la création de la Ve République à un système bipolaire avec une alternance de la gauche au pouvoir, puis de la droite, et vice-versa. Durant ces différentes périodes, le système politique s'est même essayé au principe de la cohabitation, avec un président dans un rôle honorifique et un premier ministre chef du gouvernement. Le système, avec ses limites, avait le mérite de rassurer les Français des forces politiques en présence. Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy au poste de président de la France, la politique française est dans une phase de changement avec des frontières historiques partisanes qui se déplacent ou qui disparaissent. En transformant le rôle du président à un rôle de chef du gouvernement, laissant la fonction de premier ministre à un rôle opérationnel de mise en place de la politique du président, et en intégrant des ministres du parti de l'opposition, Nicolas Sarkozy a le mérite de faire évoluer le système politique et de réduire les querelles partisanes à des shows télévisés. Et la Suisse? Peut-elle s'inspirer de la France et faire évoluer sa fameuse formule magique? Nicolas Sarkozy a demandé de l'audace à ses ministres. Si nos présidents des quatre grands partis proposaient une évolution de la formule magique. En 2007, le PDC et la gauche ont souhaité une représentation du PDB, aile dissidente de l'UDC, avec Mme Widmer-Schlumpf. Il ne reste plus qu'au Parti radical de laisser un membre du Parti libéral, et au Parti socialiste, de laisser le 2e siège au Parti écologiste et la formule magique deviendra un 7 x 1, avec une représentation plus large des partis au gouvernement. Reste alors à définir le rôle du président...
par Serge Gaudin, Alsace