04.06.2019, 16:16

Sion: le Musée de la nature du Valais rouvre ses portes au public

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Le directeur Nicolas Kramar devant l'arbre fossile découvert en 2014 par Stefan Ansermet au lieu-dit des Jeurs sur la commune de Trient.

Vernissage Fermé depuis début 2018, le Musée de la nature du Valais est à nouveau accessible au public dès ce vendredi. Si l’enveloppe s’est modernisée, l’ADN de l’institution a peu changé avec une réflexion plus aiguisée sur la notion d’«Anthropocène».

Sis à la rue des Châteaux à Sion depuis 2013, le Musée de la nature du Valais rouvre ses portes au public. Un an et demi de travaux ont permis d’assainir le bâtiment historique de la Grange-à-l’Evêque et de revisiter le parcours d’exposition qui propose désormais une réflexion sur la notion d’Anthropocène. La thématique avait déjà été abordée en 2016 dans le cadre de l’exposition «Objectif terre: vivre l’Anthropocène» qui avait valu au musée le prix Expo de l’Académie suisse des sciences naturelles et une reconnaissance internationale pour son caractère pionnier.

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Mettre en perspective

«Aujourd’hui, il ne fait plus aucun doute que l’homme modifie son environnement. L’idée, c’est de montrer son impact via notamment des objets «hybrides» comme un trophée de cerf enchevêtré dans des filets qui ont été fatals à l’animal», détaille Nicolas Kramar, directeur du Musée de la nature. L’objet singulier est à découvrir dans la dernière salle entièrement «relookée» dont le slogan en frontispice invite à «Prendre du recul».

 

 

Trophée de cerf de l’Anthropocène où les frontières entre nature et culture sont désormais brouillées. Provenance: Vercorin. © Musées cantonaux du Valais, M. Martinez

 

«J’aime beaucoup la notion de mise en perspective. C’est important d’avoir une vision globale et pluridisciplinaire sur les problématiques environnementales», argue le directeur qui tenait à instiller une dose de philosophie dans le parcours, l’institution muséale n’étant plus un simple lieu de conservation mais de réflexion également.

Dans son nouvel habillage, le Musée de la nature se veut plus immersif en plongeant le visiteur dans le décor des milieux naturels valaisans. Avec deux objets géologiques massifs et tout à fait inédits: un tronc fossile de 1,8 tonne découvert en 2014 dans la région de Trient qui n’est autre que le plus vieux fossile d’arbre connu de Suisse avec ses 300 millions d’années. L’autre est un bloc de laves en coussins prélevé récemment sur les hauts de Täsch-Zermatt et datant de plus de 150 millions d’années.

 

Arbre fossile du genre Cordaite datant de 300 millions d’années. Provenance: Les Jeurs, Trient. © Musées cantonaux du Valais, S. Ansermet

 

Laves volcaniques formées à plusieurs milliers de mètres de profondeur au sein de l’océan qui séparait l’Europe de l’Afrique il y a plus de 150 millions d’années. Provenance: Pfulwe (Täsch). © Musées cantonaux du Valais, S. Ansermet

 

«Et on n’est pas au bout de nos découvertes», s’enthousiasme Nicolas Kramar fasciné par la richesse naturelle du canton. «On l’oublie parfois mais c’est un patrimoine visible dans les plus grands musées du monde.»

 

Elargir les publics

Un rayonnement international dont se félicite Pascal Ruedin, directeur des Musées cantonaux, pour qui il est essentiel de «mener une réflexion globale à partir d’un patrimoine régional». Ce à quoi s’attellent les trois musées cantonaux. 15 000 visiteurs avaient l’habitude de fréquenter annuellement celui de la nature. Avec ce «lifting», l’ambition est de doper ce chiffre. «Les musées de la nature ont «naturellement» un succès avec le jeune public et les familles. Désormais, on cible davantage les adolescents et les jeunes adultes», détaille Nicolas Kramer. Avec un enjeu: élargir les publics sur des questions d’actualité dont la perte inquiétante de la biodiversité.

 

 

En ce sens, un web documentaire en trois langues est désormais accessible en ligne et un nouveau parcours de médiation culturelle à destination des écoles a été mis sur pied en collaboration avec la HEP-Valais et l’Université de Fribourg, financé notamment par le Fonds national suisse de la recherche scientifique.

«On ne veut pas tomber dans la moralisation. Mais cultiver un «optimisme de combat» comme disait Michel Serres. Autrement dit, porter un regard lucide sur les faits pour mieux préparer l’avenir», conclut Nicolas Kramar.

Le public est attendu ce week-end au musée dont l’entrée est gratuite pour sa réouverture, avec de multiples activités à la clé. Plus d’information sur: www.musees-valais.ch

 

Infos pratiques

Vernissage ce vendredi 7 juin à 18 heures en présence de la conseillère d’Etat Esther Waeber-Kalbermatten. Rue des Châteaux 12 à Sion.


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