22.08.2018, 14:33

Début des travaux de la ligne THT Chamoson-Chippis: les réactions sont vives en Valais

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Le tracé en rouge indique où passera la ligne THT.

Energie Après une période de travaux préparatoires, la construction de la ligne THT Chamoson-Chippis débutera à la fin août. Sa mise en service est prévue en 2021. Les opposants au projet sont très remontés, mais n’abandonnent pas le combat.

La construction de la ligne à très haute tension entre Chamoson et Chippis démarrera fin août. Les premiers pylônes sont prévus début 2019. Impossible d’en déplacer certains avant la mise en service, avertit Swissgrid.

Les travaux préparatoires de la ligne aérienne à très haute tension (THT) prévue entre Chamoson et Chippis sont quasiment terminés sur les deux premiers tronçons. «Dès la fin août, les premières fondations seront construites et les premiers pylônes s’érigeront début 2019», a indiqué mercredi Swissgrid dans un communiqué.

En juin dernier, un rapport du géologue cantonal indiquait que certains pylônes se trouvent dans des zones de danger naturel. Swissgrid assure qu’elle «maîtrise parfaitement l’implantation et la maintenance de pylônes en zones d’instabilité».

«Des mesures spéciales de construction et de surveillance seront appliquées, en collaboration avec le géologue cantonal et des bureaux spécialisés en études géotechniques», souligne la société porteuse du projet. Les experts installeront par exemple des inclinomètres capables de mesurer des mouvements de terrain jusqu’à 25 mètres de profondeur, ou encore des filets métalliques pour protéger certains pylônes des chutes de pierres.

Après la mise en service

La mise en service de la ligne aérienne est prévue en 2021. Le gouvernement valaisan a débloqué 250 000 francs pour analyser la possibilité de déplacer quatre pylônes dans la région de Grône, où leur présence à proximité d’une école inquiète des parents d’élèves notamment.

Dans son communiqué, Swissgrid précise qu’un éventuel futur déplacement de ces pylônes «ne pourra avoir lieu qu’après la mise en service de la ligne autorisée par le Tribunal fédéral». Le TF a débouté en septembre 2017 les opposants de la ligne aérienne THT, et ainsi ouvert la voie à sa construction, en projet depuis plus de quinze ans.
 

A lire aussi: Ligne THT: 34 pylônes sur les 52 prévus posent problème

En savoir plus: Le site de Swissgrid

 

La réaction de Jacques Philippoz, avocat des recourants

«Il y a une pression très forte de Swissgrid. En commençant les travaux, ils veulent à tout prix montrer que l’affaire est terminée. Elle ne l’est pourtant pas. Nous envisageons de demander au Tribunal fédéral de revoir son arrêt qui valide le tracé de 52 pylônes. La demande de révision, qui est prête, sera envoyée une fois l’aval de tous les recourants. On songe aussi à demander à l’Office fédéral de l’énergie de reconsidérer sa position. Lorsqu’il avait approuvé les plans sous conditions, deux pylônes étaient en zone dangereuse. Depuis juin dernier et la divulgation d’un rapport que Swissgrid avait commandé mais jamais communiqué, on sait que ce sont 34 pylônes qui posent des problèmes de sécurité. Ces faits nouveaux sont, à notre avis, de nature à faire évoluer la situation.»


La réaction de Marcel Bayard, président de Grône (PDC)

«Cette annonce ne m’impressionne pas et ne modifie en rien notre combat. Le projet de Swissgrid est dépassé et les inconnues sont très nombreuses. A Aproz, la troisième correction du Rhône remet clairement en question les travaux prévus. Les expropriations ne se feront pas aussi facilement qu’on nous le dit. Pour toutes ces raisons, nous ne croyons pas une minute à l’achèvement du projet en 2021. Swissgrid veut faire croire qu’il maîtrise tout, mais ce n’est pas le cas.»

 

La réaction de Mathias Reynard, président de Haute tension sous terre et conseiller national (PS)

«On constate une fois de plus qu’on est face à un mur. Se réfugiant derrière une décision du TF, Swissgrid ne prend aucunement en compte la forte mobilisation des politiques et des personnes concernées par les pylônes. Partout dans les villes, on a trouvé des solutions. Sous prétexte qu’on est en campagne, on nous considère comme des citoyens de seconde zone. Notre santé, notre paysage et notre tourisme comptent pour beurre. Cette nouvelle annonce ne remet toutefois pas en question notre combat. Tant que la ligne ne sera pas enfouie, on se battra.»

 

La réaction de Roberto Schmidt, chef du Département valaisan de l’énergie (PDC)

«Un enfouissement même partiel n’est plus réaliste et le canton n’a ni la possibilité ni la compétence de stopper ces travaux. En revanche, l’Etat du Valais négociera avec Swissgrid le déplacement de cinq pylônes (quatre à Grône et un à Chalais). Contrairement à Swissgrid, nous aimerions qu’une décision de déplacement soit prise avant le début de la construction des premiers pylônes.»

ATS

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