L’église de Saint-Martin laisse désormais entrer la lumière

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Le lieu insolite Dix nouveaux vitraux ont été inaugurés cet été. Ils sont l’œuvre de l’artiste peintre Isabelle Tabin-Darbellay. Visite guidée.

 16.09.2021, 17:13
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C’est tout en finesse que l’église de Saint-Martin s’est parée d’un nouvel habit de lumière. Une jolie transformation, qui tombe pile pour célébrer les 70 ans de l’édifice, et qui change entièrement l’ambiance des lieux, avec un éclairage devenu soudainement magique, à travers dix nouveaux vitraux.

C’est à Isabelle Tabin-Darbellay qu’est revenue la mission d’apporter à l’église un regain de lumière qui donne une coloration splendide. «Mon idée était de mettre en harmonie ce lieu», raconte l’artiste peintre de Savièse lors d’une visite sur place. 

L’idée de doter l’église de nouveaux vitraux émane d’un comité de paroissiens formé spécialement pour ce projet. «Avant, il y avait des vitraux carrés et rectangles, c’est dommage dans une si belle église. Alors, nous avons sorti notre bâton de pèlerin, envoyé un tous-ménages, et les gens ont répondu», se réjouit Jean-Pierre Mayor, membre du comité. «Grâce à de nombreux donateurs, nous avons ainsi pu récolter les 200 000 francs servant à exécuter les travaux.»

Des notes de couleurs sur de grands espaces

Et les choses n’ont pas traîné. Avec son complice artistique de toujours, le maître-verrier fribourgeois Michel Eltschinger, Isabelle Tabin-Darbellay, choisie parmi une poignée d’autres candidats, a conçu des vitraux tout en légèreté. «Je ne voulais pas infliger des saints. Il y a déjà pas mal de statues dans l’église. J’ai opté pour quelque chose de léger, de joyeux et de vibrant, et qui parle aux gens.»

Pour commenter son travail, l’artiste parle de «quelques notes de couleurs accentuées sur de grands espaces qui laissent la place aux mouvements de la nature». Et sur place, la théorie est confirmée. Ainsi, les sept vitraux situés sur le côté droit de l’église laissent de beaux espaces pour la lumière. 

La série a été inspirée par le «Cantique des créatures» de saint François d’Assise. Sept tableaux magnifiques consacrés au soleil, aux astres, au vent, à l’eau, au feu, aux fruits de la terre et, tout au fond, à la mort et à la résurrection. Une mort déchirée par une flamme d’or. 

Chacun de ces thèmes est traité de manière différente, avec une palette de couleurs débutant par l’orange et le jaune du soleil, avant de passer au bleu et de revenir aux teintes du feu.

Les trois autres vitraux, placés au-dessus de l’entrée, sont consacrés à Notre-Dame de Lourdes. Normal pour le village de Saint-Martin, berceau de la première section des brancardiers créée en Valais, il y a plus de soixante ans. Des brancardiers présents à Lourdes depuis 1933 déjà. Si le vitrail central du triptyque, qui représente la Vierge Marie, ne peut pas bien se voir, masqué par une partie de l’orgue, il est éclairé la nuit et peut s’admirer de l’extérieur.

La modernité au milieu de la tradition

Avec ses vitraux épurés, Isabelle Tabin-Darbellay a fait un choix délicat. «J’ai pris des risques avec ce thème moderne, dans cette église qui, elle, n’est pas moderne. Cela tranche. Et j’ai tremblé jusqu’à la dernière minute, car c’est au dernier vitrail seulement que l’on sait si on s’est trompé ou pas!»

«Mon idée était de mettre en harmonie ce lieu.» 
Isabelle Tabin-Darbellay, artiste peintre

L’artiste, fort heureusement, a vu juste: les nouveaux vitraux de l’église plaisent à beaucoup de monde. «L’éclairage change à chaque heure et c’est très joli au soleil couchant», se réjouit Jean-Pierre Mayor. Le contraste entre la finesse des vitraux et les grandes statues de saints – ainsi que le plafond en bois, qui fait penser à un bateau renversé – est saisissant.

L’artiste saviésanne, quant à elle, apprécie l’arrière-fond que lui procure le paysage extérieur. «Il n’y a pas d’écrans derrière les vitraux, comme on peut parfois trouver une façade de bâtiment. Ici, il y a juste un arbre. J’ai pu travailler avec la lumière, avec cette vibration des couleurs qui dansent sur les murs.»

Avec ces dix vitraux, Isabelle Tabin-Darbellay a voulu concevoir des images qui suggèrent, qui ne sont pas trop descriptives. «Il faut que les gens puissent y mettre ce qu’ils veulent. Dans une église, il y a un climat qu’il faut respecter. En tout cas, le retour des gens me touche à chaque fois.»

Une chose est certaine: depuis que ces vitraux sont visibles, la cote de popularité de l’église de Saint-Martin a pris l’ascenseur. Jean-Pierre Mayor: «Il y a énormément de gens qui font une visite, tous les jours, et ils viennent de toute la Suisse, de partout.»

A lire aussi: La Valaisanne Isabelle Tabin-Darbellay réalise un vitrail pour la cathédrale Saint-Pierre de Lisieux

L’histoire de l’église de Saint-Martin

1291 Première attestation de l’église de Saint-Martin

1448 Antoine Namont dote l’église d’un autel Saint-Michel

1743-1745 L’église baroque est remplacée par un nouvel édifice, plus spacieux

1943 Décision de reconstruire l’église, qui était en mauvais état. On la bâtira au nord-ouest de l’ancienne

1951 Consécration de la nouvelle église, le 12 août. Elle a été conçue par deux architectes réputés dans la modernisation de l’art sacré, Denis Honegger et Fernand Dumas

2021 Pour les 70 ans de sa consécration, l’église est dotée de 10 nouveaux vitraux. La bénédiction des vitraux a eu lieu le 29 août


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