13.01.2018, 05:30

Haut-Plateau: le taxateur qui met le feu aux poudres

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L'engagement de l'employé à Crans-Montana a provoqué la colère de la commune de Lens.

 13.01.2018, 05:30 Haut-Plateau: le taxateur qui met le feu aux poudres

Discorde Crans-Montana a engagé un collaborateur sous le coup d’une plainte pénale dans son service des contributions. Incompréhension et colère générale.

Le Haut-Plateau est ébranlé par une affaire qui crée des tensions entre ses deux plus grandes communes: Lens et Crans-Montana. C’est l’engagement d’un collaborateur sous le coup de poursuites pénales qui a mis le feu aux poudres.

Tout débute dans le courant de l’année 2016. Un taxateur de l’Etat du Valais fait l’objet d’une dénonciation pénale et quitte...

Le Haut-Plateau est ébranlé par une affaire qui crée des tensions entre ses deux plus grandes communes: Lens et Crans-Montana. C’est l’engagement d’un collaborateur sous le coup de poursuites pénales qui a mis le feu aux poudres.

Tout débute dans le courant de l’année 2016. Un taxateur de l’Etat du Valais fait l’objet d’une dénonciation pénale et quitte ses fonctions avec effet immédiat. L’homme est poursuivi pour corruption et gestion déloyale des intérêts publics. Nicolas Dubuis, procureur général, confirme le dépôt d’une telle dénonciation mais ne fait pas de commentaire supplémentaire comme l’enquête est en cours.

Selon nos informations, le taxateur est accusé d’avoir délibérément permis de soustraire des montants au fisc et donc de léser commune et canton. Impossible par contre de connaître le nombre précis de cas, les ficelles du système et surtout les montants en jeu. 

Engagé à Crans-Montana, colère à l’Etat et à Lens

L’affaire aurait pu en rester là jusqu’au procès mais elle a pris une tournure inattendue et rebondi sur le Haut-Plateau en fin d’année passée. La commune de Crans-Montana a en effet engagé le taxateur dans son service des contributions. Cette décision a provoqué la colère de l’Etat du Valais qui avait tiré la sonnette d’alarme et donné un préavis négatif. Comme tous les protagonistes du dossier, Beda Albrecht, chef du service, n’a pas voulu répondre à nos questions mais une source proche du dossier va jusqu’à dire «que tout le monde était fou de rage».

L’Etat n’est pas le seul partenaire furieux. La colère gronde aussi à Lens. Et pour cause: la commune fait partie des lésés. Si David Bagnoud, président lensard, ne souhaite pas s’exprimer «car une enquête est en cours», nous avons appris que le personnel administratif ne supportait pas de devoir collaborer – Lens et Crans-Montana ont de nombreux dossiers en commun – avec une personne accusée d’avoir fait perdre de l’argent à la commune et provoqué l’irruption de la police dans les locaux. 

«Un litige et pas une plainte»

A Crans-Montana, le président Nicolas Féraud renvoie d’abord à Yvan Rion, conseiller communal chargé des finances. Ce dernier annonce d’emblée que l’affaire relève de la sphère privée du collaborateur. Interrogé sur l’existence d’une dénonciation pénale, Yvan Rion précise qu’il a entendu parler de litige mais pas de plainte.

Retour chez Nicolas Féraud qui lui aussi mentionne un litige avec un ancien employeur plutôt qu’une plainte. «Nous n’avions pas la possibilité d’avoir davantage d’informations. Sur la base des éléments fournis, c’était le dossier qui correspondait le mieux à nos attentes. Avec la Fusion, nous devions rapidement engager du personnel et c’est la présomption d’innocence qui a prévalu», se défend le président de Crans-Montana. 

Un contrat de six mois pour se protéger

Sauf que la commune a quand même protégé ses arrières en proposant uniquement un contrat de six mois et en laissant la possibilité aux deux parties de rompre le contrat à tout moment. Selon plusieurs sources proches du dossier, l’engagement du collaborateur a entraîné un vote au sein du Conseil communal. Nicolas Féraud se borne à répondre que la décision a été prise par le Conseil… Le canton et Lens avaient pourtant prévenu du problème.

Difficile pour l’heure de prédire la suite. Le contrat du collaborateur se termine à la fin février. Le président de Crans-Montana ne souhaite pas dire s’il sera prolongé ou pas. Le procureur Nicolas Dubuis précise que la procédure est toujours en cours, impossible donc de savoir quand le verdict tombera. Une chose est sûre, dans le milieu des contributions et des fiduciaires, que cela soit sur le Haut-Plateau ou ailleurs dans le canton, personne ne comprend pourquoi Crans-Montana a pris un tel risque. 


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