09.10.2020, 11:11

Martigny: près de treize ans de prison pour le tueur au couteau

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Pour justifier la peine infligée au condamné - ici à son arrivée au tribunal - les juges ont parlé de "faute très lourde" et de "férocité hors norme".

Justice Douze ans et dix mois de prison et l’expulsion de Suisse. C’est la peine infligée vendredi à l’issue du procès de l’auteur d’un coup de couteau mortel en 2018 à la gare de Martigny.

Le jeune homme accusé du meurtre d’un jeune apprenti vitrier de 22 ans sur le quai No 1 de la gare de Martigny le 16 mars 2018 a été condamné vendredi par le Tribunal de Martigny à douze ans et dix mois de prison. Les dix mois concernent une autre affaire de lésions corporelles. Les trois juges ont été plus sévères que le Ministère public qui réclamait une peine totale de dix ans. Ce Portugais âgé de 18 ans lors des faits sera aussi expulsé de Suisse pendant dix ans.

«La victime n’était pas armée, ne vous a pas frappé et vous l’avez plantée (ndlr: l’arme) sans préavis, à la base du cou», dira au condamné le président du tribunal Florent Boissard, parlant d’une «faute très lourde» et d’une «férocité hors norme». La défense, qui parle d’un «verdict dicté par l’émotion», ira en appel au Tribunal cantonal. En Suisse, le meurtre est puni d’une peine de cinq ans minimum.

Banale embrouille

Le 16 mars 2018, tout a commencé par une banale embrouille entre jeunes. Mais l’accusé a le sang chaud. Quelques mois auparavant, sur la place du Manoir, il avait déchiqueté le lobe de l’oreille d’un jeune Portugais en le frappant avec une clé. C’est cette affaire qui lui vaut dix mois de prison.

Ce 16 mars, il n’hésite donc pas à sortir un couteau et frappe. La victime s’adosse à un mur et s’effondre. Un médecin présent sur les lieux n’y pourra rien.

A lire aussi : Le meurtrier de la gare de Martigny avait déjà un casier judiciaire

L’accusé avait fui en ville, mettant en émoi la population. Finalement incarcéré, l’homme va encore fuir quelques mois plus tard, alors qu’il est détenu à Sion. Il s’évade momentanément à l’occasion d’une audience judiciaire en ville. Autant dire que ce vendredi au tribunal, le prévenu a eu les chevilles entravées pendant tout le procès.

«Mépris pour la vie»

Vendredi, quelques heures avant le verdict, la procureure Marie-Line Voirol-Revaz n’avait pas mâché ses mots, relevant le «mépris pour la vie de la victime», évoquant le motif futile du crime. En effet, l’accusé a expliqué: «Il me tenait tête, il m’a poussé, je l’ai repoussé et le sang a giclé.»

«Nous n’avons pas face à nous un enfant de chœur, car il est connu pour être impliqué ou mêlé dans une trentaine  d’interventions de la police locale», relève le Ministère public.

Le prévenu reconnaît avoir donné ce coup fatal, mais réfute absolument avoir voulu tuer. Me Basile Couchepin explique que son client «s’est senti en danger, le dos tourné au sommet d’un escalier, face à un adversaire menaçant».

Placé à Pramont

La défense, «sans vouloir légitimer un homicide», a décrit une victime elle aussi «connue de la police comme étant un homme arrogant, agressif, voulant en découdre, alors que mon client voulait calmer le jeu selon les témoins». Et Me Couchepin de demander l’atténuation de la peine pour son client «rongé par le remords».

Mais l’avocate de la famille de la victime, Me Sophie Haenni, a parlé vendredi d’un «meurtre intentionnel et gratuit, odieux, que rien ne justifie, de la part d’un homme sans scrupules et violent, déjà condamné à plusieurs reprises, face à un jeune sans casier judiciaire et non menaçant».

Le condamné bénéficiera en tant que jeune détenu d’un internement à Pramont, où il a pourtant multiplié les frasques depuis son incarcération.


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