05.12.2017, 18:02

«J’aimerais désacraliser le concert classique.» L'interview de Câline Yamakawa, nouvelle directrice opérationnelle du Verbier Festival

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Au Verbier Festival depuis bientôt douze ans, Câline Yamakawa a été administratrice de l’Academy puis responsable du Verbier Festival Junior Orchestra depuis 2013.

 05.12.2017, 18:02 «J’aimerais désacraliser le concert classique.» L'interview de Câline Yamakawa, nouvelle directrice opérationnelle du Verbier Festival

Verbier Festival Câline Yamakawa succède en tant que directrice des opérations à Laurence Marchand, partie après une année seulement. Elle parle des défis de l’événement, qui fêtera en 2018 ses 25 ans.

Elle a le regard qui s’éclaire lorsqu’elle parle des défricheurs du rock Woodkid ou Archive. Elle vénère le jazz – elle a travaillé un temps à la promotion d’un club londonien. Elle avoue, dans un rire franc, «adorer la country». Elle parle de «riffs» de violon comme on le ferait d’un solo de guitare électrique.

Pourtant, à 43...

Elle a le regard qui s’éclaire lorsqu’elle parle des défricheurs du rock Woodkid ou Archive. Elle vénère le jazz – elle a travaillé un temps à la promotion d’un club londonien. Elle avoue, dans un rire franc, «adorer la country». Elle parle de «riffs» de violon comme on le ferait d’un solo de guitare électrique.

Pourtant, à 43 ans, c’est bel et bien d’un festival de musique classique que Câline Yamakawa vient de reprendre la direction opérationnelle. «Ma vie, ça a toujours été la musique», dit-elle, comme pour expliquer des goûts musicaux dont l’éclatement n’a d’égale que la mixité des origines et des lieux. Belge par sa mère, japonaise par son père – «je suis moitié frite, moitié sushi», image-t-elle – Câline Yamakawa a «poussé des caisses d’instruments», travaillé comme régisseuse générale d’un festival de jazz, œuvré à New York comme attachée de presse, avant de lancer à Paris sa société de management culturel. 

Dans l’organisation du Verbier Festival depuis bientôt douze ans, elle succède à Laurence Marchand, qui ne sera restée en place que le temps d’une édition avant de quitter le bateau «d’un commun accord» avec la fondation du festival. C’était le 30 septembre.

>> A lire aussi: La directrice Laurence Marchand quitte le Verbier Festival

Câline Yamakawa, votre prédécesseure à la direction du Verbier Festival est partie dans des circonstances troubles. Pouvez-vous nous en dire davantage sur les remous qui ont agité le Verbier Festival ces derniers mois?
Je n’y ai assisté que depuis mon point de vue. Cette vision tronquée fait que je me garderai bien d’émettre quelque jugement que ce soit à ce sujet. Tout ce que je peux dire, c’est que tout le monde s’est quitté en bons termes.

Il n’empêche que ces tensions ne sont sans doute pas le meilleur contexte pour préparer un 25e anniversaire…
Il y a très peu de tensions, l’équipe est très soudée autour de Martin Engstroem (ndlr: fondateur et directeur général du festival). Il y a naturellement beaucoup de défis à relever pour ce 25e. Il y a eu de nouvelles arrivées de professionnels reconnus en 2016-2017, et nous sommes désormais une équipe prête à célébrer les événements qui attendent le festival.

>> A lire aussi: Rigueur et prestige pour le 25e anniversaire du Verbier Festival

Avec quels défis?
Nous voulons continuer dans l’élan donné par Laurence Marchand, qui a renforcé les liens avec les acteurs locaux. Nous souhaitons également élargir notre public et travailler sur l’accessibilité du festival, tant sur le plan physique qu’au niveau de l’approche de la musique classique.

Vous cherchez à dépoussiérer le classique?
Ce n’est pas tant dépoussiérer le classique que de le rendre accessible à tous. J’entends parfois des gens qui se sentent mal à l’aise face à un concert classique. J’aimerais désacraliser cet aspect et faire que l’accès à l’émotion musicale soit parfaitement décomplexé. Il faut peut-être imaginer une autre façon d’écouter le classique, et ne pas avoir peur, par exemple, des rencontres entre les genres car elles peuvent être un puits d’inspiration. 

L’accessibilité passe aussi par le porte-monnaie…
Oui. En ce sens, pour les 25 ans, nous avons mis en place des billets à 25 francs jusqu’à 25 ans pour les concerts à la salle des Combins et à l’église. Nous avons en outre décidé de ne pas augmenter les tarifs, malgré un concert de gala qui verra réunie une panoplie de stars. Et puis nous maintenons notre rabais de 40% pour tous les Bagnards. Nous réfléchissons également à des offres transgénérationnelles. Enfin, le fest’off, le Discovery et l’Academy offrent plus de 200 manifestations gratuites pour tous.

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Puisque l’on parle d’argent… On évoquait, il y a quelques semaines encore, un déficit de plusieurs centaines de milliers de francs sur un budget de huit millions. Qu’en est-il aujourd’hui?
L’édition 2017 a été équilibrée. A ce stade, un travail d’analyse me semble indispensable afin de trouver le modèle économique qui permettra de pérenniser le festival.


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