22.08.2018, 17:30

Tamoil signe une garantie de 10 millions pour démanteler le site

chargement
Stéphane Trachsler (secrétaire général de Tamoil Suisse SA) et Yannick Buttet (président de la commune de Collombey-Muraz) ont symboliquement scellé leur accord sur le site de la raffinerie.

RAFFINERIE Après de nombreux mois de négociation, la commune de Collombey-Muraz et Tamoil ont trouvé un accord pour garantir les coûts d’un éventuel démantèlement de la raffinerie bas-valaisanne.

Pour la première fois depuis janvier 2015 et l’annonce de la fermeture de la raffinerie, le président de Collombey-Muraz et les représentants de Tamoil se sont présentés unis devant la presse. La raison? Un accord pour une garantie financière de 10 millions en vue d’un éventuel démantèlement d’un site de 130 hectares estimé, par plusieurs sources, à quelque 200 millions de francs. «Nous voulions à tout prix éviter que la population doive payer pour le départ d’une entreprise privée», explique le président de Collombey-Muraz, Yannick Buttet. «Nous sommes rassurés. En espérant que ce papier reste dans un tiroir et que l’on n’ait pas besoin de l’utiliser.»

De 22 à 10 millions

Pourtant, en mai 2016, la commune avait exigé 22 millions de francs sur conseil de son expert qui n’avait toutefois pas pu accéder au site. Suite à un recours de Tamoil devant la justice, les discussions se sont alors paradoxalement détendues et l’expert a pu établir un rapport plus vraisemblable après avoir pu visiter la raffinerie et qui n’a pas été contesté par les dirigeants de cette dernière. «Au début 2017, nous nous sommes mis d’accord sur un montant de 10 millions de francs», poursuit Yannick Buttet, tandis que Stéphane Trachsel, secrétaire général de Tamoil, estime «le rapport de l’expert raisonnable malgré une offre d’une entreprise italienne pour démanteler gratuitement le site». Pour lui, il fallait arriver à un accord «et nous y sommes parvenus en obtenant un montant raisonnable et pas les 200 millions entendus sitôt l’annonce de la fermeture de la raffinerie». De plus, une revente des machines et des matériaux pourrait rapporter quelque 4 millions de francs à Tamoil. Présent à la conférence de presse, Joël Rossier, chef du Service de l’environnement, ne se prononce pas sur cette négociation.

Décision finale dans une année

Trois scénarios demeurent d’actualité pour l’avenir du site. Le plus plausible reste évidemment un démantèlement des installations qui devra être entamé pour janvier 2020 et durer trois à quatre ans. Les autres concernent un redémarrage du site ou une vente partielle ou totale des installations en vue d’une relocalisation à l’étranger. «Les offres actuelles pour ces divers scénarios se comptent sur les doigts d’une main. Nous prendrons une décision à l’automne 2019», annonce Stéphane Trachsler.  «Clairement, nous voulons essayer de retirer quelque chose de l’investissement consenti, via une revente ou une relocalisation», admet le patron qui reconnaît toutefois qu'«on ne vend pas une raffinerie comme une voiture d’occasion». «De notre côté, on songe déjà au futur du site», avoue Yannick Buttet à qui il ne déplairait pas de voir une entreprise venir créer de nombreux postes de travail.   

 

 

Nous voulions à tout prix éviter que la population doive payer pour le départ d’une entreprise privée."
Yannick Buttet, président de Collombey-Muraz

 

A lire aussi: Tamoil et l’Etat du Valais s’accordent sur les modalités d’assainissement de la raffinerie de Collombey

 

2% de la surface à assainir

En plus de la problématique du démantèlement, Tamoil Suisse doit assainir ou surveiller cinq secteurs pollués à l’intérieur du périmètre de la raffinerie qui concerne 2% de la surface totale et pour lequel la société a fourni une garantie de 5,5 millions de francs à l’Etat du Valais. «Un premier secteur de 1000 mètres cubes devra être excavé car il contient des métaux lourds dont un peu de mercure», détaille Joël Rossier, chef du Service de la protection de l’environnement (SPE). Ces travaux débuteront en 2020 et dureront trois à quatre ans. Ils devront s’achever dans tous les cas pour 2028. «A trois autres endroits, nous allons injecter de l’air pour faire remonter les résidus d’hydrocarbure», poursuit Pierluigi Colombo, directeur de la raffinerie. Enfin, le dernier secteur va demeurer sous surveillance. Durant cet automne, un plan détaillé de l’assainissement sera envoyé au SPE pour validation.
 

 

 A lire aussi: Tribunal fédéral: une ardoise de plusieurs millions pour Tamoil

 

 

En janvier 2015, le choc!


Tamoil Suisse SA annonce, le 13 janvier 2015, la mise en veille de ses activités à la raffinerie de Collombey-le-Grand pour avril. Parmi les 270 employés, dont 238 fixes, c’est la stupéfaction.

Le 4 février, une manifestation de soutien mobilise près de 600 personnes. Moments forts en émotion. Neuf jours plus tard, une partie du personnel et des syndicalistes bloquent la gare de chargement d’Aigle durant près de trois heures, empêchant tout wagon de sortir et près de 50 camions d’être approvisionnés. En coulisses, les représentants du personnel, d’Unia et des Syndicats chrétiens œuvrent à obtenir un plan social le plus acceptable possible. Son contenu sera, au final, respecté par Tamoil. Tandis qu’aujourd’hui la quasi-totalité de ces 270 travailleurs a retrouvé un emploi.

 

 

 


Résumé du jour

Ne ratez plus rien de l'actualité locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir toutes les infos essentielles de la journée!

Recevez chaque soir les infos essentielles de la journée !

Top