07.10.2019, 18:00

Deux millions de francs pour revitaliser les châtaigneraies de Saint-Gingolph

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Châtaigniers et vue sur le lac, depuis les hauts de Saint-Gingolph.

Patrimoine L’important projet de revitalisation de 21 hectares des châtaigneraies à Saint-Gingolph peut démarrer cette année. Le Fonds suisse du paysage y participera financièrement. Le patrimoine végétal et culturel lié à «l’arbre à pain» sera valorisé et une collection nationale créée.

Le projet de revitalisation des châtaigneraies de Saint-Gingolph a séduit le Fonds suisse du paysage (FSP). Il y a une semaine, il répondait favorablement à la demande de subventionnement d’une partie des travaux. Micheline Grept, conseillère municipale chargée de l’aménagement du territoire et de l’environnement à la commune de Saint-Gingolph s’en réjouit: «Nous allons pouvoir commencer le projet cette année. Ce soutien financier était crucial, sans lui nous ne pourrions pas nous lancer dans un projet si important.» Un budget de plus de 2 millions francs a été établi sur dix ans, le FSP alloue une aide à hauteur de 30%.

Le Fonds suisse du paysage était stupéfait de découvrir que les boichons sont encore utilisés chez nous.
Micheline Grept, conseillère municipale

Pourvue d’un riche patrimoine castanéicole, la commune lacustre souhaite réhabiliter 21 hectares de châtaigneraies, planter pas moins de deux mille arbres, et valoriser le tout à travers la publication d’une brochure et la mise en place d’un sentier didactique. Autre volet du projet, l’installation d’une collection nationale de châtaigniers prévoit de réunir 130 arbres de 65 variétés différentes sur une surface de 2 hectares, une première à ce jour en Suisse romande.

Technique ancestrale

«Le FSP était stupéfait de découvrir que les boichons sont encore utilisés chez nous», rapporte Micheline Grept. Cette technique ancestrale de conservation consiste à entasser les bogues dans des enceintes de pierres, à les recouvrir de branchages, à les arroser, et à attendre vingt et un jours que les châtaignes fermentent. Les fruits sont ensuite séparés de leur enveloppe en tapant dessus, puis ramassés; ils se conservent jusqu’au printemps, dans un endroit sec et frais.

Les châtaigneraies ont longtemps contribué à la survie des populations rurales chablaisiennes. Elles étaient une source précieuse de nourriture durant les mois d’hiver, leurs feuilles fournissaient du tanin ou de la litière pour les animaux, elles étaient des lieux de pâture. A partir de la moitié du XXe siècle pourtant, nombre d’entre elles sont laissées à l’abandon. Non entretenues, elles s’éteignent inéluctablement, leurs arbres nécessitant espace et lumière pour déployer leur couronne.

Parrainer un châtaignier

Depuis quelques années, des projets de réhabilitation fleurissent des deux côtés du Rhône. Celui de Saint-Gingolph se distingue par son envergure. Pour le mener à bien, d’autres sources de financement doivent encore être trouvées. Un projet de parrainage d’arbre est en court. «Nous proposons aux bourgeoisies et aux communes valaisannes d’avoir un châtaignier les représentant aux portes du territoire cantonal», explique Micheline Grept. Le parrainage est également ouvert aux particuliers et aux entreprises.

Début 2019, la commune de Saint-Gingolph a été la première à avoir intégré les châtaigneraies à son plan d’aménagement de zone (PAZ), pérennisant ainsi la culture de ce fruit qui fait partie de son histoire. Les 11 et 12 octobre se tiendra la 30e Fête de la châtaigne de Saint-Gingolph. Marché artisanal, concerts, course populaire, visite de la châtaigneraie, et Brisolée bien sûr sont au programme.

Un hyménoptère qui fait fi des frontières

Après avoir souffert durant plusieurs années du chancre – un champignon qui attaque l’écorce –, puis de la cynipse – une guêpe d’origine asiatique –, les châtaigneraies chablaisiennes se portent plutôt bien. «Cette année, bien que tardives, les récoltes s’annoncent bonnes», rapporte Gilles Delaloye, président du Groupement chablaisien des propriétaires de châtaigneraies (GCPC). La région a profité ces dernières années des effets de l’introduction en France voisine du thorymus, une micro-guêpe utilisée dans la lutte biologique contre la cynipse du châtaignier et dont l’utilisation n’a pas été autorisée en Suisse.


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