13.02.2020, 15:41

Valais: encore trop de ventes illégales de tabac et d’alcool aux ados

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L'accès aux alcools forts – interdits de vente aux moins de 18 ans – demeure encore trop aisé pour les ados valaisans.

Santé publique La campagne d’achats tests menée par Promotion santé Valais en 2019 le démontre: nos ados peuvent encore acheter alcool et tabac beaucoup trop aisément. Plus d’un commerce sur quatre continue d’enfreindre la loi dans notre canton.

«En Valais, 70% des établissements respectent la loi en matière de vente d’alcool aux jeunes. Pour les cigarettes, le constat est meilleur puisque 75% des enseignes refusent de vendre du tabac aux mineurs.» Responsable de projets pour Promotion santé Valais, Sébastien Blanchard préfère délivrer un message positif. Et cela, alors même que plus d’une enseigne sur quatre continue d’enfreindre la législation.

«Dans notre canton, il est impératif de maintenir des contrôles réguliers pour veiller à l’application des lois en vigueur. Même si les campagnes de prévention tendent à inverser la tendance.» Surtout par rapport à 2014, année durant laquelle les mineurs n’avaient essuyé que 36% de refus lors de leurs tentatives d’acheter de l’alcool dans les commerces testés.

A lire aussi: 43% des commerces valaisans testés ont vendu de l’alcool aux mineurs en 2017

La répression? Une affaire communale

Dans le cadre du projet pilote 2018-2022, Promotion santé Valais a donc reconduit l’an passé son programme d’achats tests d’alcool et de tabac par des mineurs.

«Des ados âgés de 16 à 17 ans formés spécialement par nos soins ont tenté d’acquérir alcools forts et cigarettes dans treize localités ciblées et représentant quatre régions du canton, à savoir le Haut-Lac, les coteaux du Soleil, le val d’Hérens et la ville de Brigue.» Et malgré les efforts de sensibilisation menés auprès des commerçants, plus d’une enseigne sur quatre a donc enfreint la législation en vigueur.

«Après une phase de sensibilisation, 80 achats tests ont été effectués dans quatre types d’établissements, soit 18 shops et kiosques, 21 magasins, 28 restaurants et 13 bars», détaille Célia Roh, collaboratrice auprès du Centre d’information pour la prévention du tabagisme (CIPRET-Valais).

Au final, plus d’un établissement sur quatre continue donc de servir des mineurs. Avec quelles sanctions? «La répression reste du domaine des communes et des polices municipales. Pour notre part, nous nous contentons d’avoir une discussion avec les gérants des commerces testés. Soit pour les féliciter quand ils font correctement le job, soit pour leur faire prendre conscience de leurs responsabilités quand ils ratent le test», explique Sébastien Blanchard.

Cinq communes ont sévi

En 2019, les 25 établissements publics pris en faute étaient répartis sur une dizaine de communes. Au final, quatre municipalités ont choisi de ne pas donner suite à ces tests; une a adressé un ultime avertissement au commerçant fautif et cinq ont choisi d’amender les enseignes épinglées. «De toute manière, ces tests font réfléchir le gérant ou patron convoqué dans les bureaux de la police communale parce qu’il a toléré vendre alcool ou cigarettes à un mineur.»

Et ces commerçants pris en défaut alimentent un vrai problème de société. En 2014, 15% de jeunes Valaisannes et 18% des garçons âgés de 11 à 15 ans rapportaient avoir déjà été ivres au moins une fois.

«Au niveau du tabac, la part des jeunes Valaisans déclarant avoir fumé au moins une fois par semaine à l’âge de 11 ans est de 3%.» Et ce taux passe à 11,15% à 15 ans. «57% des fumeurs quotidiens ont commencé avant l’âge de 18 ans», rappelle Célia Roh.

A lire aussi: Achats tests en Valais: un tiers des commerces vendent toujours du tabac aux plus jeunes

 


Les commerces testés prévenus… deux fois
D’ici à 2022, ce projet pilote d’achats tests lancé en 2018 aura permis de couvrir l’entier du territoire valaisan et des 21 régions initialement déterminées par Promotion santé Valais. «Cette année, nous allons cibler les localités des régions de la vallée d’Illiez, du Salentin (de Saint-Maurice à Vernayaz), du Haut-Plateau ainsi que de la vallée de Conches», annonce Sébastien Blanchard.

Les enseignes qui seront testées seront averties par leur commune respective de la possible visite de jeunes essayeurs anonymes. «A la suite de ce courrier, les agents des polices municipales passeront à leur tour dans les commerces retenus pour rappeler aux gérants leurs devoirs et l’imminence du démarrage de cette campagne.»

Malgré ce double préavis, 30% des enseignes testées jusqu’ici ont continué d’enfreindre la loi.     


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