Un an après l'attentat de Nice, la jeune sédunoise Velia a choisi de célébrer la vie plutôt que de vivre dans la peur

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Attentat de Nice Une Sédunoise de 21 ans a senti le souffle de la mort le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais à Nice lorsque le camion fou a foncé sur la foule. Un an après, Velia Ferracini a décidé de retourner à Nice pour célébrer la vie. En vidéo, elle nous lit sa lettre écrite dans les jours qui ont suivi l'attentat.

  13.07.2017, 09:41
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Les mots "victime", "survivante", ou "rescapée", elle ne veut pas qu’on les prononce. Velia Ferracini fait partie de ces chanceux qui ont échappé au camion fou, le 14 juillet de l’an dernier, à Nice. Mais l’étudiante en lettres de 21 ans refuse de grossir le flot de ceux qui rappellent uniquement le côté dramatique de l’événement. Elle préfère évoquer toute la solidarité et l’humanité qui l’ont accompagnée cette nuit-là.

Choisir les belles couleurs de la vie

"Je témoigne pour démontrer qu’on peut traverser un événement grave et continuer à vivre sans être terrassée par la peur." 

Velia Ferracini est sans aucun doute dotée d’une belle capacité de résilience. Sur son compte facebook, on peut lire une citation de Jacques Prévert qui la définit assez bien: "Plus tard, il sera trop tard. Notre vie, c’est maintenant."
 
Avec un sourire et une étincelle dans les yeux, elle avoue préférer célébrer la vie plutôt que la mort. "Pour moi, chacun a la possibilité de choisir de voir les choses d’une couleur ou d’une autre. Le 14 juillet 2016 à Nice, il y avait un bonhomme qui a foncé sur la foule avec un camion, mais tout autour, des humains très aimants." 

 

 

Alors, aux photos des corps écrasés, aux sons des sirènes d’ambulances, elle préfère substituer la douceur des gens qui les ont aidés, les mots réconfortants des policiers et les gestes tendres de ses proches. 

Danser la vie au Paléo

"L’entourage aide beaucoup à surmonter ce genre d’épreuve. Je suis très liée à mon papa et de ma maman. Ils m’ont énormément soutenue. Mais ils l’ont fait sans dramatiser. Avec mon papa, on utilise beaucoup l’humour. Ma maman était adorable avec moi. Très croyante, elle m’a demandé de l’accompagner à la messe. Ca comptait beaucoup pour elle. Elle avait raison, ça m’a fait du bien."

Velia Ferracini a pu compter sur le soutien de ses proches et de ses parents. L'humour de son papa Moreno Ferracini l'a aidé à traverser l'épreuve.© Héloïse Maret

 
Quelques jours après l’attentat, Velia était censée aller au Paléo. "Le mardi soir, il y avait mon groupe préféré, The Lumineers. Tout le monde me disait «ça n’est pas une bonne idée de partir pour paléo après ce que tu viens de vivre." Dans un premier temps, elle pense annuler sa semaine. "Puis, j’ai réalisé que, ne pas me rendre à un concert que j’attendais depuis des mois, ça serait donné raison à ce bonhomme du 14 juillet."

Malgré l’inquiétude de ses parents, elle part pour Nyon. "Au début, ce n’était pas facile, mais pendant le concert, j’ai écrit mentalement une lettre que j’ai retranscrit par la suite." 

Elle envoie aussi un sms à ses parents: "Ne vous faites pas de soucis, je danse et je chante pour ceux qui ne peuvent plus le faire."

Velia Ferracini avait apporté un premier témoignage le 15 juillet 2016 dans nos colonnes. "Beaucoup de personnes ont réagi et m’ont encouragé. Ca m’a vraiment fait du bien. En parler, m’a fait l’effet d’une thérapie."

L’ultime hommage

Avec son père Moreno, Velia Ferracini se rendra à Nice vendredi, "en hommage aux 86 disparus qui sont quand même là dans mon cœur. Un peu comme je me rends sur la tombe de ma grand-maman…" 

Et aussi pour remercier les gens qui les ont aidés. "Je vais retourner à l’hôtel où nous nous sommes réfugiées avec ma cousine, au commissariat. Ils ne me reconnaîtront pas, mais c’est important pour moi. C’est un peu comme de boucler une boucle."

Le 14 juillet 2016 de Velia

En vacances à Nice avec une de ses cousines, Velia déambulait sur la promenade des Anglais lorsque le camion a déboulé.

La mort, elles en ont senti le souffle. A une fraction de seconde près, Velia aurait été écrasée si sa cousine ne l’avait -par un réflexe miraculeux- tirée sur le côté.

Autour d’elles, des gens écrasés. Du sang et de l’horreur. Pour échapper à la foule, elles se précipitent dans la mer. Elles en ressortent un peu plus tard et se réfugient dans un hôtel. Velia parle d’employés exemplaires, de clients qui descendus de leur chambre pour apporter leur aide, de policiers compatissants.

"Les gens s’entraidaient, se prenaient dans les bras. Des Maghrébins pleuraient, comme nous, ils étaient effondrés."


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