14.06.2018, 08:35

Pour Jacques Melly, «le Valais s'est fait rouler» par CarPostal

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Susanne Ruoff, directrice de La Poste, a démissionné à la suite du scandale de CarPostal. Elle a promis que les subventions publiques indûment touchées – 90 millions de francs, dont 4,8 pour le canton du Valais – seraient intégralement remboursées.

 14.06.2018, 08:35 Pour Jacques Melly, «le Valais s'est fait rouler» par CarPostal

CarPostal Le canton du Valais devrait être remboursé à hauteur de 1,8 million de francs à la suite des malversations dans l'affaire CarPostal. Le ministre valaisan des Transports Jacques Melly, se dit soulagé d’avoir obtenu l’engagement d’un remboursement total et l’assurance d’une réorganisation de la filiale de La Poste.

4,8 millions de francs. C’est la somme qui a été indûment encaissée par CarPostal en Valais entre 2012 et 2017 – soit aussi loin qu’a pu remonter la commission d’enquête menée par le président du conseil d’administration de La Poste, l’ancien conseiller aux Etats fribourgeois Urs Schwaller. Dans le détail, il s’agit de 2,8 millions de francs dans le Valais romand et 2 millions dans le Haut, selon le rapport d’experts.

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CarPostal exploite soixante lignes en Valais. Une activité pour laquelle la filiale a touché annuellement 30 millions de francs de subventions, 63% émanant de la Confédération et 37% du canton du Valais. Proportionnellement, sur les 4,8 millions indûment encaissés, le Valais devrait ainsi être remboursé à hauteur de 1,8 million de francs, comme l'a promis La Poste.

«Le Valais s’est fait rouler!»

Parlant de «manipulation financière», le conseiller d’Etat valaisan chargé des transports Jacques Melly ne mâche pas ses mots. «Le canton du Valais s’est fait rouler! Aujourd’hui, nous sommes soulagés d’avoir obtenu l’engagement d’un remboursement total et l’assurance d’une réorganisation de CarPostal, nécessaire pour réinstaurer un climat de confiance.»

Mais les sommes concernées ne sont pour l'heure que des évaluations. Trois cantons témoins ont été désignés pour les investigations de détail menées par l’Office fédéral des transports. Pour les cantons alpins, ce sera Berne. Si à Berne, le détail correspond à l’évaluation, les montants seront définitifs. Dans le cas contraire, une analyse plus approfondie sera nécessaire, en Valais comme ailleurs.

Gestion régionale remise en question

Lundi dernier, Urs Schwaller avait en effet évoqué une restructuration de CarPostal. Selon La Poste, que nous avons contactée, la gestion régionale sera abandonnée «afin d'éviter que de tels incidents ne se reproduisent». Avec quelles conséquences en Valais? Sollicité, le directeur de CarPostal Valais, Anton Karlen, a renvoyé «Le Nouvelliste» au service de presse de La Poste. Qui n'est pas en mesure, à l'heure actuelle, de préciser les effets de la réorganisation sur les responsables régionaux.

 

 

 

 

 


 

L'affaire CarPostal: historique d'un scandale

L’affaire CarPostal a éclaté en février dernier. Rendu public lundi, le rapport de la commission d’enquête est accablant. Il confirme que la pratique consistant à dissimuler les bénéfices réalisés par CarPostal sur les subventions versées par les collectivités publiques a été minutieusement cachée dans des opérations comptables. Et depuis longtemps.

Au total, ce sont plus de 90 millions de francs qui ont ainsi été encaissés de manière illicite entre 2007 et 2015. Mais les manipulations ont commencé bien avant 2007. Urs Schwaller, en poste depuis 2016, s’est dit «abasourdi par l’énergie que CarPostal a déployée pour manipuler sa comptabilité».

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Les têtes ont commencé à tomber à la veille de la publication du rapport. Vendredi dernier, c’est d’abord la directrice générale de La Poste, Susanne Ruoff, qui remettait sa démission avec effet immédiat. Assurant alors qu’elle ne savait rien de ces inscriptions fictives, elle disait vouloir «assumer la responsabilité globale de l’affaire».

Lundi, le rapport d’experts apportait une rectification cinglante: la direction et le conseil d’administration étaient informés au moins depuis 2013, comme en attestent des échanges de mails datés d’août de cette année-là. Lundi, le conseil d’administration de La Poste tirait les conséquences du rapport et suspendait toute la direction de CarPostal.
 


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