Quand les pesticides contaminent les zones habitées


A Miège, des gouttelettes de pesticides tombent sur les balançoires, selon des mesures que nous avons effectuées. Ailleurs, deux personnes témoignent de problèmes respiratoires pendant les traitements. En Suisse, et en Valais, les riverains des cultures ne sont pas protégés. La situation devrait changer progressivement… Dans les quinze ou vingt prochaines années.


Marie Parvex

 09.07.2020, 17:07

Ce doit être l’une des plus belles places de jeux pour enfants du Valais, blottie dans la chaleur du coteau miégeois avec une vue dégagée sur un somptueux panorama. Mais les balançoires, la tyrolienne et le toboggan ont été installés à 1,5 mètre d’une parcelle de vigne. Selon les tests que nous avons effectués, les jeux pour enfants sont mouillés par la dérive des pesticides, probablement à chaque traitement, soit six fois par année entre mai et août.

A la fin mai, le vigneron a par exemple traité avec deux fongicides, très probablement du Topas Vino et du Ridomil Vino, selon deux spécialistes que nous avons interrogés (Voir: Nos mesures sur le terrain). Le premier contient du Penconazole. Il est homologué par la Confédération avec la mention qu’il irrite les yeux et peut «nuire au fœtus». Le second est un mélange de Folpet et de métalaxyl-M. Il est recommandé de ne pas travailler dans les vignes sans tenue de protection jusqu’à quarante-huit heures après l’application du produit. Ce dernier est reconnu pour provoquer des allergies cutanées, des sévères irritations des yeux, être nocif par inhalation et suspecté de provoquer le cancer.

Le vigneron, voisin de la place de jeux de Miège, est très conscient du problème. «L’année dernière, une voisine a écrit à l’administration communale en disant que j’avais traité alors que des enfants jouaient sur la place, mais il y a toute la journée des enfants et même tard le soir», dit-il en souhaitant garder l’anonymat.