Prêts à tout... pour ne pas passer l'hiver le ventre vide!

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Les rois de la cachette 2/2 Geai des chênes et cassenoix moucheté enfouissent leur collecte sous la mousse ou une litière de feuilles mortes. La pie-grièche écorcheur empale ses proies…

 22.09.2021, 08:00
Une fois son jabot rempli de glands et faines, il ne reste plus au geai des chênes qu’à dissimuler son trésor en prévision de l’hiver.

En automne, les cris rauques et déchirants du geai des chênes résonnent dans les forêts de feuillus et conifères. Le magnifique corvidé s’apprête à changer de régime alimentaire: d’omnivore à granivore. 

Il fait partie de ceux qui préparent leur coup en stockant des provisions dans des centaines de mini garde-manger éparpillés et bien dissimulés, histoire de passer un hiver tranquille.

Un chapardeur de première!

C'est ainsi que ce pilleur de nids, teigneux et belliqueux à ses heures, thésaurise soudain des glands, graines et noix en de multiples cachettes. 

Il ne lâche rien, quitte à disputer bruyamment ses récoltes aux écureuils ou à chaparder les réserves de ce dernier. 

Sédentaire et plutôt solitaire, le geai des chênes est d’un tempérament farouche et méfiant. C’est aussi un lanceur d’alerte dans la forêt. © Wolfgang Zabel


5000
glands
peuvent consister la réserve d’un geai des chênes pour l’hiver.


Ce faisant, il côtoie un autre collectionneur de graines - le cassenoix moucheté - présent dans les forêts de conifères, d’aroles et d’épicéa. De taille similaire, ces corvidés se tolèrent.

Le cassenoix moucheté, charismatique corvidé montagnard, est l’emblème du Parc National Suisse. © Eike-Lena Neuschulz


«Le cassenoix est le spécialiste des pignons d’aroles», nous explique Jérôme Fournier, biologiste, entomologiste-ornithologue chez Drosera écologie appliquée SA et enseignant de biologie au Collège de Saint-Maurice.

.«Il les délogent avec son bec puissant et robuste et les emmagasinent dans la poche sublinguale de la partie inférieure de son bec». 

«Autant de réserves énergétiques qu’il prendra soin d’enterrer et de retrouver le moment venu.» 

Un plumage brun tacheté de blanc et un vigoureux bec long de 4 cm caractérisent le cassenoix moucheté. © DR


L’arbre tire bénéfice de son intervention car ses lourdes graines ont de la peine à se disperser. «Le cassenoix moucheté veillant toutefois à cacher ses graines dans des endroits secs pour éviter qu’elles ne germent, celles qui n’auront pas été consommées ne produiront donc pas toutes des aroles.» 

Le cassenoix moucheté contribue à rajeunir les forêts d’altitude. 
Jérôme Fournier, biologiste

Enfin, notons que d’autres oiseaux dont les rapaces nocturnes tels que la chouette hulotte ou la chouette de Tengmalm, peuvent être amenés à effectuer des réserves à court terme. 

«Quand leur progéniture est rassasiée, ils continuent néanmoins de chasser. Leurs proies, principalement des micromammifères, patientent dans la cavité de nidification ou dans une annexe… pour des jours plus difficiles.» 

Réserves à ciel ouvert

En mai, les pies-grièches écorcheurs rentrent de leurs quartiers d’hiver en Afrique subsaharienne. Très rares en plaine, on les observe plutôt sur les coteaux et dans les vallées latérales jusqu’à 1400 mètres, voire plus haut. 

La pie-grièche écorcheur mâle est reconnaissable à son masque de Zorro. © Marcel Gaspoz


Cet oiseau plus petit qu’un merle est le symbole du milieu agricole traditionnel. «Haies d’épineux, arbres secs et isolés, fruitiers hautes tiges dispersés constituent son environnement de prédilection.»

«Là où vivent de gros insectes - grillons, hannetons, carabes, sauterelles, criquets - mais aussi de petits vertébrés dont il se nourrit.» 

Ange ou démon?

La pie-grièche écorcheur repère ses proies depuis un perchoir, les attrape en vol ou les saisit au sol. Lorsqu’elle a suffisamment de nourriture, elle conserve une partie d'entre elles, empalées souvent vivantes, sur des épines. 

Elle constitue ainsi des réserves, surtout en période de nidification, pour les mauvais jours quand les insectes sont peu actifs et moins abondants. 

«La pie-grièche écorcheur est une espèce dite “parapluie” ou “sentinelle”, indique Jérôme Fournier. «Sa présence confirme par exemple celle de certains insectes.» 

De plus en plus rare à observer

L’oiseau qui n’est pas encore sur la liste rouge est toutefois considéré comme potentiellement menacé car ses populations en Suisse ont diminué de moitié au cours des trente dernières années. 

«L’utilisation très intensive des terres agricoles en plaine, conclut le spécialiste, a contribué à la disparition des haies et des prairies riches en gros insectes.» 

«L’abandon de l’exploitation de certaines prairies en montagne s’est traduit par un embroussaillement également défavorable à l’oiseau.»


A lire aussi:  Cet article peut être lu gratuitement dans notre magazine «Terroirs».

Et que font les insectes en hiver?

Les fourmis hibernent. Si elles se réveillent avec la chaleur, elles grignotent aussitôt ce qu’elles trouvent à proximité.
Les abeilles réduisent fortement leurs activités. Elles ont des réserves. Du miel pour les domestiques et du pollen, pour certaines abeilles sauvages.
Les papillons hivernent au stade d’œuf, chenille, chrysalide ou adulte. Il n’est pas rare d’observer la Petite-Tortue par beau temps en février déjà.
Les insectes aquatiques restent actifs mais sous forme larvaire dans les cours d’eau. Certains sous forme de chrysalide.
La plupart des criquets et sauterelles passent l’hiver sous forme d’œufs.
Certains insectes (papillons, mouches…) migrent pour passer l’hiver dans le Sud où ils en profitent pour se reproduire. 




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