13.12.2017, 18:50

Philippe Nantermod, l'élu le plus 4.0

Abonnés
chargement
1/2  

 13.12.2017, 18:50 Philippe Nantermod, l'élu le plus 4.0

Berne Le conseiller national et vice-président du PLR suisse passe pour l’hyperactif du Parlement et de la députation. Il énerve... parce qu’il se démarque et se fait remarquer.

Parce qu’il va très vite. Assez loin. Toujours sans complexe, sans tabou. Droit devant et à droite. Philippe Nantermod, c’est un peu l’hyperactif de la classe valaisanne à Berne.

Le Morginois compte parmi ces nouveaux parlementaires sous la Coupole qui sont faits pour ça. Faits pour la politique fédérale. Pour les grands dossiers. Pour les palabres, les débats à lancer et les dossiers à faire avancer. Mais contrairement à ses deux autres...

Parce qu’il va très vite. Assez loin. Toujours sans complexe, sans tabou. Droit devant et à droite. Philippe Nantermod, c’est un peu l’hyperactif de la classe valaisanne à Berne.

Le Morginois compte parmi ces nouveaux parlementaires sous la Coupole qui sont faits pour ça. Faits pour la politique fédérale. Pour les grands dossiers. Pour les palabres, les débats à lancer et les dossiers à faire avancer. Mais contrairement à ses deux autres collègues qui jouent dans la même catégorie, le trentenaire n’a pas eu sa dose de ritaline.

Une accession éclair

Impossible de le canaliser, de le raisonner ou de le faire changer d’avis. Il suit sa route sans en dévier pour cause de politiquement correct. Ultralibéral, dit-on. «Libéral», assure-t-il en ajoutant qu’il se sent tout à fait sur la ligne de son groupe parlementaire et du parti national qu’il vice-préside depuis 2016. Une accession aux responsabilités très rapide pour un nouveau venu, quand bien même Philippe Nantermod est déjà un vieux de la politique.

Il est aussi le seul parlementaire valaisan à avoir reçu deux commissions législatives sous la Coupole en première législature. Et celui qui n’a rien d’un bleu malgré son âge se permet même d’en changer à la fin de l’année pour reprendre la place d’Ignazio Cassis au sein de la Commission des assurances sociales et de la santé. «Je me réjouis de pouvoir apporter ma contribution aux dossiers de la prévoyance vieillesse, des assurances maladie et du financement des EMS. Même si je sais bien que je ne vais pas résoudre les problèmes tout seul.»

La digitalisation avec doigté

Et pourtant, c’est bien le leitmotiv de Philippe Nantermod à Berne: essayer de faire simple avec ce qui est compliqué. S’il ne se reconnaît pas forcément dans le qualificatif du parlementaire le plus 4.0 de la députation, il est d’accord de dire qu’il est un de ceux qui accueillent les nouvelles technologies en essayant de les intégrer dans les débats, la vie et la politique actuelle plutôt que de chercher comment les éviter ou s’en débarrasser.

«Le débat sur les taxis Uber est symptomatique de la problématique de la digitalisation de la société et des enjeux qu’elle pose. Airbnb aussi.» Deux dossiers où l’élu se montre très libéral. «En fait, j’essaie surtout d’égaliser les règles du jeu des deux côtés.» Oui il défend Uber, mais tente en même temps, via une série d’interpellations, de simplifier les règles qui régissent le transport privé en général.

Sa chronique à lui

Mais ce qui rend peut-être la classe politique la plus jalouse lorsqu’on évoque le nom de Philippe Nantermod, c’est sa capacité à faire passer ses dossiers. Sur sept votes au sujet de ses interventions en plénum, il n’a subi qu’un seul refus. Peut-être parce qu’il trouve toujours le thème inattendu et concernant. Certes il a réussi à enfiler au plénum une intervention pour libéraliser le marché des compteurs électriques, «soyons francs, c’était surtout pour tacler les entreprises électriques», mais il est aussi le fer de lance de la nouvelle réforme du droit des successions mieux adapté aux familles modernes ou autrement dit recomposées.

«Je déniche de nouvelles problématiques en lisant la presse, mais il y a aussi beaucoup de gens qui m’interpellent pour trouver des solutions aux problèmes de la vie courante.»

Petite coquetterie qui fait rougir d’envie ses collègues de l’hémicycle, M. Nantermod a sa chronique dans le journal «Le Temps». Une distinction supplémentaire, s’il en fallait encore une...

Quatre questions à Philippe Nantermod

Vous êtes le plus mal aimé des élus au sein de votre propre députation...
C’est possible, mais je tiens ma ligne. Les gens savent pourquoi ils m’ont élu. Les députés bossent ensemble lorsqu’ils le doivent, sur les sujets stratégiques. Le problème c’est que l’on n’est pas toujours d’accord sur ce qu’est un dossier stratégique. Heureusement, si je vous écoute, que ce ne sont pas mes collègues qui doivent me réélire.

Ne pas vouloir subventionner les barrages, c’est de l’inconscience ou une manière de vous démarquer?
J’ai lu tout dernièrement qu’Alpiq est en train de tuer l’économie valaisanne à coup de concurrence déloyale et que cela faire réagir en plus haut lieu. Je me dis donc que j’ai eu raison de ne pas vouloir leur donner de l’argent. Je suis pour soutenir la grande hydraulique mais pas les grands électriciens.

Depuis que vous êtes vice-président du parti, c’est difficile de tenir vos positions sur des sujets comme No Billag que vous soutenez à titre personnel, contrairement au PLR suisse?
Je fais avec. Je crois que c’est le cas de tous les présidents et vice-présidents de parti. Il faut accepter de ne pas toujours pouvoir avoir le beurre et l’argent du beurre et savoir se faire discret parfois. 

Vous défendez des thématiques rarement liées au Valais. Est-ce que vous le défendez quand même?
Bien sûr. Mon intervention pour libéraliser les grandes lignes de bus est favorable à notre canton souvent oublié de la mobilité. Pareil pour le dossier des remontées mécaniques ou pour la LAT. Cette loi a tout interdit partout, moi je me bats pour autoriser un peu, un peu partout. Je suis un défenseur du tourisme.


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !

À lire aussi...

BerneMathias Reynard, l'âge de la maturitéMathias Reynard, l'âge de la maturité

BerneJean-Luc Addor, pan dans la cibleJean-Luc Addor, pan dans la cible

BerneGéraldine Marchand-Balet, enfinGéraldine Marchand-Balet, enfin

Top