30.10.2018, 10:20

Les maçons mécontents manifestent à Sion

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Syndicalisme A l’appel des syndicats chrétiens et d’Unia quelque 400 employés du secteur de la construction ont défilé à Sion mardi matin. Les patrons estiment ne pas être les seuls responsables des blocages actuels.

Environ 400 employés de la construction manifestent mardi matin à Sion. «Pas de convention, pas de maçon», ont-ils scandé, à l’appel des syndicats chrétiens, d’Unia et de Syna. Une telle union des forces syndicales est une première en Valais.

Avant de partir en direction du bâtiment de l’Association valaisanne des entrepreneurs, encadrés par la police, les manifestants se sont réunis sur la place de la Gare. Banderoles, sifflets, slogans. «Nous sommes là pour faire entendre notre voix, pour défendre nos retraites et nos conditions de travail», crie le syndicaliste Blaise Carron dans un haut-parleur.

A lire aussi : Les maçons valaisans manifesteront le 30 octobre

Les entreprises dénoncées

Une conférence est organisée à l’intention des journalistes présents, sur la place de la Gare, au milieu des sifflets. Jeanny Morard, secrétaire régional Unia dénonce certains patrons. «Il y a eu du chantage à l’emploi dans certains entrepôts ce matin. Nous le déplorons. Nous pensions que cela n’existait pas en Valais. Nous nous occuperons de ces entreprises dès demain.»

Son collègue des Syndicats chrétiens Bernard Tissières lance: «Pour nous, il est temps de manifester, puisque c’est le seul langage que les patrons comprennent.»

Les syndicats revendiquent le maintien de la retraite à 60 ans ainsi qu’une augmentation de salaire pour les quelque 6000 maçons actifs dans le canton.

Les manifestants ont décerné «le diplôme de la passivité» aux entrepreneurs valaisans, coupables à leurs yeux, d’avoir attendu que les négociations se poursuivent sur le plan national, «sans mouiller leurs chemises», selon l’expression de Jeanny Morard.

Le président de l’Association valaisanne des entrepreneurs Alain Métrailler et la sous-directrice de l’organisation patronale Chiara Meichtry ont accueilli les manifestations devant le bâtiment de leur association où ils ont reçu leur diplôme remis par les syndicalistes.

D’autres mobilisations syndicales sont prévues, le 1er novembre à Berne, le 5 à Lausanne et le 6  à Zurich. Elles précèdent la prochaine séance de négociation nationale entre les partenaires sociaux prévue le 9 novembre.

«C’est un peu facile de faire porter le chapeau aux seuls patrons»

Le président de l’Association valaisanne des entrepreneurs (AVE) Alain Métrailler n’accepte pas les critiques formulées à l’encontre de l’organisation patronale. «Les ouvriers ne sont pas les seuls à déplorer l’absence de renouvellement de la convention collective au niveau national. Mais c’est un peu facile de faire porter le chapeau aux seuls patrons. Comme dans un couple, pour s’engueuler il faut être deux.»

Le président n’accepte pas le reproche de passivité dont les syndicats accusent l’AVE. «L’AVE travaille différemment, sans sifflets et sans descendre dans la rue, ce qui ne signifie pas qu’elle est passive. Nous agissons dans les bureaux de la Société suisse des entrepreneurs pour faire avancer les choses.»

Alain Métrailler regrette le dégât d’image que provoque une telle manifestation syndicale. «Dans notre branche, nous avons un gros problème: celui de la relève. Je ne suis pas sûr que ce théâtre attire les jeunes. Ce n’est pas bon de dire qu’un maçon est invalide à 60 ans. Nous sommes conscients que cette profession est difficile, mais les conditions ont beaucoup changé et vont encore changer.»


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