15.08.2018, 20:00

Le Ministère public condamne Yannick Buttet

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Yannick Buttet a démissionné du Conseil national le 17 décembre dernier.

 15.08.2018, 20:00 Le Ministère public condamne Yannick Buttet

Justice Dans une ordonnance pénale prononcée cette semaine à la suite de la plainte déposée par une femme, le parquet condamne Yannick Buttet à 30 jours-amende avec sursis. L'ancien vice-président du PDC suisse a dix jours pour s'y opposer.

L'unique plainte pénale déposée par une femme contre Yannick Buttet devrait bientôt trouver son épilogue. Comme le publie «Le Matin», le Ministère public a rendu une ordonnance pénale cette semaine. Elle retient la contrainte et l'appropriation illégitime, notamment pour de nombreux messages quotidiens pendant plusieurs mois, et pour avoir conservé la clé du domicile de la plaignante. Le parquet prononce une sanction de 30 jours-amende à 220 francs, avec sursis durant deux ans. Procureur général adjoint, Jean-Pierre Greter confirme: «Les deux parties ont dix jours pour s'y opposer.» Si l'une d'elles choisit cette voie, l'affaire pourrait être jugée par un tribunal. Dans le cas contraire, la condamnation sera définitive.

En novembre dernier, «Le Temps» révélait que le vice-président du PDC Suisse a été interpellé par la police en pleine nuit dans le jardin de cette femme, avec qui il a entretenu une relation extraconjugale. Dans les semaines qui ont suivi, huit conseillères nationales dénonçaient anonymement les gestes déplacés et les dérapages à répétition de Yannick Buttet à Berne, sans toutefois déposer de plainte. Ce dernier démissionnait du Conseil national le 17 décembre, après une longue polémique. Quelques heures plus tôt, le Ministère public valaisan avait confirmé l'ouverture d'une procédure pénale contre lui pour contrainte.

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«Le PDC ne m'a pas rattrapé ni retenu»

Contacté par «Le Nouvelliste», Yannick Buttet prend acte de la décision du procureur: «Je respecte les institutions judiciaires, mais je ne partage pas l’interprétation que fait le parquet des faits.» Il réfléchit désormais à la stratégie qu'il adoptera face à l'ordonnance pénale: «Je vais prendre ma décision ces prochains jours, avec une priorité absolue: protéger ma famille. Le reste passe après.» Egalement sollicitée, la femme qui a déposé plainte contre lui ne souhaite pas s'exprimer pour l'instant.

 

Je respecte les institutions judiciaires, mais je ne partage pas l’interprétation que fait le parquet des faits."
Yannick Buttet, ancien conseiller national

 

Dans la longue interview qu'il a accordée au «Matin», Yannick Buttet s'interroge sur l'origine de l'affaire: «Peut-être de la vengeance pure, ou alors c'était piloté. Je ne veux pas savoir qui. J'aimerais savoir pourquoi.» Il affirme aussi que les chambres fédérales ne sont plus un objectif, mais une option: «Politiquement, des collègues dont j'étais vraiment très proche m'ont laissé tomber. Le PDC ne m'a pas rattrapé ni retenu. Seul le parti local a été présent.» Président du PDC du Valais romand, Serge Métrailler réagit: «Cette appréciation lui appartient quant à la façon dont le parti s’est investi dans la gestion de cette crise.»

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Dans la loi suisse, le harcèlement sexuel n'existe pas

 

Le harcèlement sexuel, dont il a beaucoup été question alors que cette affaire agitait le parlement fédéral, n'existe pas en tant qu'infraction spécifique dans le Code pénal suisse. La contrainte, qui punit l'entrave à la liberté, représente parfois sa traduction pénale. Selon une étude réalisée par l'université de Genève à l'échelle nationale, les tribunaux cantonaux se sont prononcés sur 35 cas de harcèlement sexuel entre 2004 et 2015. Seules 18% de ces procédures ont abouti à un résultat favorable à la partie plaignante.


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