16.05.2019, 16:15

L’Hôpital du Valais fait la chasse aux infections

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L'Hôpital du Valais veut voir le taux d'infection des sites opératoires retourner à la baisse.

Santé Au sortir d’un exercice 2018 très légèrement déficitaire (6 millions de pertes), l’Hôpital du Valais a lancé tout un train de mesures pour faire reculer un taux d’infection du site opératoire en hausse l’an dernier et clairement supérieur à la moyenne suisse.

En 2018, l’Hôpital du Valais a atteint son objectif de maintenir des comptes équilibrés avec un écart inférieur à 1% entre le résultat et un chiffre d’affaires supérieur à 720 millions de francs (voir encadré). «Mais la gestion d’un hôpital, ce ne sont pas que des chiffres. Ce sont avant tout des êtres humains: nos patients et notre personnel», a rappelé ce jeudi à Sion le président du conseil d’administration, Dominique Arlettaz.

Des taux d’infections à la hausse

Troisième site de Suisse en termes de nombre des journées de soins, l’Hôpital du Valais s’est donc fixé un autre objectif que le seul équilibre financier: celui de privilégier des soins de qualité et de garantir la sécurité des patients. «Dans une volonté de transparence, nous communiquons les indicateurs de qualité sous forme d’un document annuel depuis 2000», rappelle le docteur Pierre Turini, coordinateur médical pour la qualité des soins et la sécurité des patients. Et le rapport 2018 se veut globalement rassurant. A une exception près: le taux d’infection du site opératoire qui – avec 9% d’infection de plaie et même 19,4% sur les abcès profonds – est reparti à la hausse après deux exercices de baisse.

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«Nous n’avons pas encore d’explications sur les raisons de cette nouvelle flambée qui ne touche en fait qu’une vingtaine de patients», explique le docteur Turini. Mais plusieurs mesures d’améliorations ciblées spécifiquement sur la chirurgie du côlon et du rectum ont été mises en œuvre ces derniers mois. «Ces améliorations couvrent aussi bien la technique opératoire (décontamination digestive préopératoire par exemple), que la formation continue du personnel ou l’acquisition de matériel plus performant (nouvelle colonne de laparoscopie assurant une meilleure qualité d’images).» Selon l’Hôpital du Valais, les effets de ces mesures commenceront à être observés cette année encore, mais leur impact maximal ne devrait tomber qu’en 2020.

L’association de défense attentive

Président de l’Association de défense des patients domiciliés en Valais, Stéphane Veya promet que son groupement va suivre de près les efforts promis par l’Hôpital du Valais pour faire reculer ce taux d’infection. «Il n’est pas admissible que dans le seul domaine de la chirurgie du côlon ce taux d’infection soit supérieur à 28% dans notre canton contre 13,1% dans les autres hôpitaux.» Stéphane Veya promet que l’ADPVal va insister sur cette problématique lors d’un prochain tour de table d’ores et déjà agendé avec l’Hôpital du Valais. «Cela dit, il faut saluer le souci de transparence de l’Hôpital du Valais qui nous permet de cerner des problèmes.»

Ce souci d’améliorer qualité et sécurité en misant notamment sur la formation se retrouve aussi dans les chiffres avancés ce jeudi par le directeur général, Eric Bonvin. «En 2018, l’Hôpital du Valais a conclu plus de 80 conventions et accords de collaboration.» Au bénéfice de reconnaissances FMH comme établissement de formation post-graduée dans plus de 50 disciplines médicales, l’HVS – principal employeur du canton avec ses 5300 collaborateurs – recense chaque année près de 400 médecins assistants et chefs de clinique. Auxquels il convient d’ajouter 600 autres personnes en formation dans les départements infirmiers et médico-techniques. 


La tarification TARMED plombe les comptes
L’Hôpital du Valais a donc replongé dans les chiffres rouges en 2018 après avoir réalisé un bénéfice de 3,5 millions un an auparavant. Il s’en est fallu de très peu, il est vrai. «Avec ce déficit de 6 millions de francs, le résultat est légèrement négatif (0,8% du chiffre d’affaires) alors que l’hôpital a pu attribuer 40,2 millions de francs aux recettes d’investissement pour préparer l’avenir et assurer le financement des nouvelles infrastructures hospitalières notamment à Brigue et à Sion», a détaillé ce jeudi à Sion le président du conseil d’administration Dominique Arlettaz. Ce dernier explique ce déficit par la pression mise sur les tarifs par l’Office fédéral de la santé publique et les modifications apportées à la facturation au niveau du secteur de l’ambulatoire. En augmentation de 4% dans notre canton (480 300 visites ambulatoires enregistrées), ces activités ont pourtant enregistré une diminution des recettes de l’ordre de 2%. «Avec un impact négatif sur les comptes de 8,3 millions de francs», regrette le professeur Arlettaz.
 

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