15.09.2020, 20:38

L’assainissement de Gamsenried, «le projet d’une à deux générations»

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La décharge de Gamsenried s’étend sur 290 000 mètres carrés.

Pollution La Lonza et le Conseil d’Etat ont présenté ensemble les principes de base de la stratégie d’assainissement de l’ancienne décharge de Gamsenried. Ce chantier complexe pourrait prendre plusieurs décennies. Son prix n’est pas connu.

A l’ancienne décharge de Gamsenried, entre Viège et Brigue, les chiffres donnent la mesure d’un projet pharaonique. 33 tonnes de mercure, 15 tonnes d’aniline et 206 kg de benzidine ainsi que d’autres polluants en plus faible quantité sont éparpillés sur un espace grand comme 290 terrains de foot, mélangés à plus de trois millions de mètres cubes de terre.

Ce projet qui prendra plusieurs décennies est par conséquent un projet générationnel.
Communiqué de l’Etat du Valais

«En raison de son ampleur et du potentiel de pollution du site, l’assainissement de la décharge de Gamsenried est un cas unique en Suisse. Ce projet qui prendra plusieurs décennies est par conséquent un projet générationnel», écrit d’ailleurs le canton dans son communiqué.

Le Service de l’environnement du canton du Valais (SEN) et Lonza ont présenté ce mardi les principes de ces travaux, lors d’une conférence de presse commune.

Soixante ans de pollution

L’entreprise chimique Lonza a utilisé ce site comme dépôt de déchets de 1918 à 1978. Il est sécurisé depuis 1990 par le pompage des eaux souterraines qui sont ensuite traitées à la station d’épuration de Viège. Mais malgré ce confinement, des polluants, dont la très cancérogène benzidine, ont été détectés en aval de la décharge sous la forme d’un panache qui s’étend sur près de 3 km. Mais, s’il est recommandé de ne pas utiliser les eaux souterraines à des fins agricoles, la population n’est pas en danger selon Lonza: «L’eau potable des communes environnantes et les sources des bains thermaux de Brigerbad demeurent non contaminées par de la benzidine.»

Méthode pas encore arrêtée

Après des investigations sur le terrain et des évaluations de faisabilité, Lonza a présenté en juillet une étude préliminaire au canton. A partir de là, le SEN a défini la base de la stratégie d’assainissement.

Celui-ci se fera par étapes. Dans un premier temps, les mesures de protection hydrauliques seront renforcées par l’installation de parois étanches et la pollution à la benzidine sera traitée à l’aval de la décharge. Ces travaux pourraient commencer entre 2021 et 2022.

Suivra l’assainissement, toujours par étapes, de l’ensemble de la décharge, en fonction de l’urgence. Ici la méthode n’est pas encore établie. Lonza en prévoit différentes selon le secteur: assainissement sur site à l’aide de procédés chimiques ou hydrauliques, excavation ou encore réalisation de compartiments étanches. «La combinaison détaillée des mesures sera maintenant développée, notamment sur la base des résultats des essais de laboratoire et sur le terrain, en cours ou à réaliser, afin d’amener le projet à maturité», précise Rémi Luttenbacher, responsable projets environnementaux de Lonza.

A chaque étape, le SEN devra valider les options choisies «en tenant compte de ses impacts environnementaux, de l’état de la technique ainsi que de l’efficacité économique».

Montant pas connu

Lors de cette conférence de presse, personne n’a présenté une estimation du coût des travaux. A titre de comparaison, l’assainissement du site de Bonfol, dans le Jura, avait coûté 380 millions. Mais Gamsenried pourrait dépasser ce montant, car le site représente un volume de matière à traiter 25 fois supérieur.

Il n’y a aucun indicateur que l’Etat doive payer un jour.
Christine Genolet-Leubin, cheffe du Service de l’environnement

Quant à savoir qui paie, la question n’est pas réglée selon le conseiller d’Etat Jacques Melly: «C’est trop tôt pour répondre à cette question. Il faut déterminer qui a pollué quoi, mais Lonza a mis le plus de matériaux. C’est elle qui paie actuellement les études.» Cheffe du Service de l’environnement, Christine Genolet-Leubin ajoute: «Il n’y a aucun indicateur que l’Etat doive payer un jour.»

Lonza assumera ses responsabilités.
Renzo Cicillini, directeur du site Lonza de Viège

Renzo Cicillini, directeur du site Lonza de Viège, abonde: «Lonza assumera ses responsabilités. A chaque étape, selon les options choisies, l’entreprise fera les provisions nécessaires.»


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