13.02.2017, 15:26

Divorce: "J'ai dû lutter pour obtenir la garde de mes enfants"

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Thierry Marclay entouré de ses enfants William et Vanessa.

SEPARATION Alors que les changements de la nouvelle loi sur le divorce en Suisse sont entrés en vigueur depuis le 1er janvier, les pères divorcés sortent du bois. Ils aimeraient témoigner des difficultés qu’ils vivent pour obtenir davantage de droits de visite. Thierry Marclay, de Champéry, ose raconter son parcours du combattant.

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Du moins, ils aimeraient témoigner des difficultés qu’ils vivent pour obtenir davantage de droits de visite et exprimer combien ils souffrent d’aliénation parentale – soit la manipulation par l’autre parent sur leurs enfants.

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Les papas hésitent à parler ouvertement par crainte de représailles

Presque tous les papas contactés n’osent cependant pas le raconter à visage découvert par crainte de représailles. «Je ne veux pas que mon ex m’enlève le peu de droit de visite que j’ai déjà obtenu après des mois de lutte», nous a confié un papa désespéré de ne pas pouvoir se faire entendre des juges. Seul le Chablaisien Thierry Marclay (55 ans) a  accepté de raconter son parcours du combattant contre son ex-femme pour l’obtention de la garde de ses deux enfants. «Comme tout est fini depuis des années, je peux le raconter ouvertement».

Trois ans de paperasses et d'allers-retours

Trois ans. C’est le temps qu’il a fallu à Thierry Marclay pour obtenir la garde de ses deux enfants. Après des hauts et des bas et une montagne de paperasses. «La pile s’élevait comme cela», souligne Thierry Marclay en imageant une tour de plus d’un mètre de hauteur. «Ah oui, je me souviens de tous ces papiers. Je me disais qu’il n’y arriverait jamais», raconte Vanessa Marclay (22 ans), l’aînée des deux enfants de Thierry, qui a tenu à témoigner à côté de son père avec son frère Willam (19 ans). Une manière pour eux de donner espoir aux pères et enfants qui n’y croient plus. «Un papa peut aussi obtenir la garde. C’est long, mais on y arrive», raconte Thierry Marclay.

Le Valaisan était marié depuis quatorze ans quand sa femme quitte le foyer conjugal. «Je ne m’y attendais pas du tout. Nos enfants étaient petits, ils avaient 8 et 4 ans.» Immédiatement, il envisage d’obtenir la garde de ses deux enfants.

 

Des reproches pour tout

Au début de leur séparation, Thierry Marclay et son ex-femme se partagent la garde une semaine sur deux dans la maison familiale à Champéry. «Je restais une semaine seul avec mes enfants, puis je devais partir pour laisser mon ex avec eux pendant une semaine. J’allais alors chez mes parents», raconte Thierry Marclay. Une situation qui déplaît à son ex-conjointe. «J’avais des reproches pour tout jusqu’à être accusé de dérégler la télé avant qu’elle n’arrive», ajoute Thierry Marclay.

Jugement d'abord en faveur de la maman

Une assistante sociale fait ensuite un rapport en faveur de la maman. «Je ne voyais plus mes enfants qu’un week-end sur deux et le mercredi après-midi.» Chaque fois que ce papa allait chercher ses enfants, sa fille aînée ne cessait de lui demander quand son père obtiendrait la garde. «Je voulais vivre avec lui; c’était très clair pour moi», lance Vanessa Marclay avec force. Elle s’était même rendue seule à la police pour exprimer son souhait. «Les policiers m’ont ramenée chez ma mère et c’est retombé sur mon père», raconte-t-elle.

La valse des procédures

Deux autres assistantes sociales font ensuite un rapport. La dernière rédige ses conclusions en faveur de Thierry Marclay. «Elle précisait que les enfants se sentaient bien avec moi.» L’ex-épouse du Valaisan n’accepte pas ce rapport. Les recours s’enchaînent. «J’avais parfois le moral au fond des chaussettes tant il fallait remettre l’ouvrage sur le métier; cela demandait beaucoup d’énergie, mais je ne voulais pas perdre espoir», confie Thierry Marclay. L’homme doit également changer d’avocat pour trouver quelqu’un de plus motivé. Les jours, les semaines et les mois s’enchaînent.

Des centaines de kilomètres pour voir ses enfants...

Comme l’ex-femme de Thierry Marclay déménage à Fribourg, le Valaisan doit faire des centaines de kilomètres pour bénéficier de ses droits de visite. «Mais même au bout du monde, je ne lâchais rien. Ils me manquaient trop.» Accusé de faire de l’aliénation parentale, il voit son droit de visite réduit à un week-end par mois. «C’était assez rude à ce moment-là. Je ne savais plus que faire.»

... jusqu'à l'issue favorable

Vanessa Marclay est alors entendue par le juge pour la deuxième fois – «La première fois, il semblait ne pas m’avoir crue et pensait que c’était mon papa qui m’avait bourré le crâne. J’avais aussi écrit des lettres au juge qui sont restées sans réponse». Thierry Marclay prouve qu’il a des horaires flexibles et qu’il peut assumer la garde de ses deux enfants. Le jugement tombe alors en sa faveur. «J’étais tellement heureux d’être enfin entendu.» Vanessa Marclay ne cache plus sa joie. «C’était tellement long... On était partis de chez mon papa quand j’étais en deuxième primaire et quand on est revenus, j’entrais en première année du cycle d’orientation. C’était rude mais heureusement, maintenant, c’est fini. On est ici, avec papa. Et on va bien.”

 

 


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