Glaciers alpins: leur retrait accéléré sous l’effet de la canicule en trois exemples

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climat Hilaire Dumoulin, l’auteur d’un ouvrage de référence sur le recul des glaciers alpins, actualise ses comparaisons photographiques, surtout en ces années caniculaires. Contrastes en trois exemples.

 03.08.2018, 17:46
Hilaire Dumoulin, passionné de glaciologie, ne peut que constater leur inéluctable retrait, ici du côté du Mont-Miné.

Hilaire Dumoulin, auteur en collaboration avec le glaciologue Amédée Zryd d’un extraordinaire reportage photographique intitulé «Glaciers: passé-présent du Rhône au Mont-Blanc», met à jour la base de données photographiques publiée en 2010. Constat: la fonte des glaces s’est encore accélérée depuis la parution de leur ouvrage. Trois exemples le démontrent.

 

Mont-Miné

2013

2018

En cinq ans, le glacier situé dans le vallon de Ferpècle a perdu près de 100 mètres. Sa diminution spectaculaire s’accélère. A tel point que la région acquiert une vocation pédagogique. «Toute l’histoire du Petit Âge glaciaire, qui va grosso modo de 1550 à 1850, se déroule devant nos yeux», explique Hilaire Dumoulin, qui signe les photos comparatives. Les fronts glaciaires sont devenus obliques, «signe de l’agression solaire». Et ce chiffre à la résonance définitive: depuis la fin des années 1980, le glacier du Mont-Miné a reculé de plus de 800 mètres. 

 

Aletsch

2008

2018

Avec ses 23 kilomètres de long, le plus grand glacier des Alpes ne faillit pas à la règle même si le recul est nettement moins spectaculaire. «De par son impressionnant volume, il dispose d’une grande inertie et semble donc plus stable», résume Hilaire Dumoulin. Selon une étude de l’EPFZ parue en 2010, Aletsch aura perdu quatre kilomètres et un tiers de sa masse d’ici un siècle même si le réchauffement climatique cesse, car les glaciers réagissent avec des dizaines d’années de retard aux changements de climat.

 

Corbassière

1994

2017

Le retrait du glacier bagnard devient marqué depuis une vingtaine d’année. A cela s’ajoute le fait que son épaisseur diminue de 4 ou 5mètres par an à 2500 mètres d’altitude. «Comme l’étendue est vaste, ses variations sont peu perceptibles. En 1998, la langue glaciaire arrivait à la hauteur des prises d’eau de l’aménagement de Mauvoisin. Aujourd’hui, elle a reculé d’au moins 300 mètres», détaille Hilaire Dumoulin.


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