13.02.2017, 15:50

Divorce: gare à la manipulation d'un des parents sur l'enfant

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Lors d'une séparation, les adultes se déchirent tellement qu'ils peuvent prendre l'enfant en otage.

LIVRE Psychologue spécialisé des questions de l’éducation, le Français Jean-Pierre Cambefort a publié un livre-guide sur l’aliénation parentale.

Pour le psychologue spécialisé des questions de l’éducation, le Français Jean-Pierre Cambefort, l'aliénation parentale peut faire des gros dégâts tant sur l'enfant que sur l'autre parent. Il a publié un livre-guide sur ce syndrome très répandu lors des séparations de couples. Interview.

Jean-Pierre Cambefort, qu’est-ce que l’aliénation parentale ?

C’est la manipulation d’un enfant ou d’une fratrie d’un parent contre un autre parent au moment d’une situation conflictuelle. Cela porte au début sur la garde de l’enfant, mais cela va plus loin. Suite à ce processus d’embrigadement, l’enfant se retourne contre le parent jusqu’à le rejeter. Il est sous emprise, comme dans une secte. Le parent l’enferme dans une obligation de loyauté unilatérale, obligeant l’enfant à haïr l’autre parent qu’il voudrait pourtant continuer à aimer. C’est comme si l’enfant se suicidait d’une moitié de son histoire. Je n’hésite pas à parler de terrorisme: le gosse se fait exploser devant l’autre parent. Il est le petit soldat du parent aliénant. Cela peut provoquer des troubles de comportement, des difficultés scolaires, etc. Au Canada, cela fait des années que le parent aliénant est pénalement condamné.

Comment l’enfant peut-il s’en sortir ?

Il faut que ce soit détecté très tôt pour que l’enfant se rende chez un psychothérapeute. Sinon, il s’enfermera dans une carapace et pourra rester un enfant aliéné toute sa vie.

Comment repérer une aliénation parentale ?

Le psychiatre américain Richard Gardner a établi huit symptômes caractéristiques chez l’enfant permettant de penser qu’il a été manipulé. Parmi eux, le fait que l’enfant, apparemment, n’éprouve aucune culpabilité à dénigrer son parent; il est même farouchement déterminé. Par ailleurs, les reproches faits par l’enfant ne se fondent pas sur des motifs graves justifiant une enquête pour maltraitance. Par exemple, il peut dire que son parent lui demande tout le temps de sortir les poubelles. Autre symptôme révélateur: l’enfant utilise des arguments d’adultes, montrant qu’il répète les propos de son autre parent.

Ce sont plutôt des mères qui pratiquent l’aliénation parentale...

Dans 75% des cas oui, mais il y a aussi des pères qui le pratiquent. C’est notamment dû au fait que 80% des femmes obtiennent le droit de garde. L’enfant leur appartient comme un objet de droit. Le paradoxe, c’est que les parents aliénants sont persuadés de le faire dans l’intérêt de l’enfant, car ils ont une vision clivée entre le bon et le mauvais et sont certains que l’autre parent est mauvais pour l’enfant. Ils confondent l’amour conjugal et l’amour pour un enfant. Or, l’enfant n’est pas divorcé avec ses parents.

Comment les parents victimes d’aliénation parentale peuvent se défendre ?

Il faut avoir une solide constitution psychologique. Plusieurs pères victimes se sentent complètement démunis et perdent une partie d’eux-mêmes dans la bataille. Certains peuvent même se suicider. Si le père veut sauver cet enfant, il faut qu’il soit bien entouré, et que les professionnels autour de lui soient formés à ce syndrome comme ils peuvent l’être au viol ou au harcèlement moral.

> Lire aussi - Divorce: "J'ai dû lutter pour obtenir la garde de mes enfants"

 


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