02.02.2017, 16:39

Perte d'un bébé mort-né: l'avis de la pédopsychiatre présidente de l'association Périnatalité Valais

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Anne Morard Dubey, pédopsychiatre conseille aux parents vivant un tel drame de se faire accompagner.

Expertise Vivre un deuil périnatal est l'une des épreuves les plus difficiles à vivre, selon la pédopsychiatre Anne Morard Dubey. Pour elle, les parents vivant un tel drame doivent se faire aider.

Il y a deux mois, une maman témoignait de sa douleur après avoir perdu son enfant à trente semaines de grossesse à l’hôpital de Sion. Pour elle, une erreur de diagnostic est à l’origine du décès de son bébé. Une enquête pénale a été ouverte par le Ministère public pour homicide par négligence.

Au-delà de l’affaire elle-même, cette situation met en exergue la souffrance des mamans qui subissent un deuil périnatal. L’an dernier, l’hôpital de Sion en a compté dix-huit. «C’est un traumatisme, quelque chose d’imprévisible qui va tourner en boucle dans la tête de la maman. La culpabilité est écrasante, avec une envie incessante de remonter dans le temps pour changer le cours des événements», précise Anne Morard Dubey, pédopsychiatre et présidente de l’association Périnatalité Valais.

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Un chagrin indicible

Le traumatisme est tel que certaines personnes ne parviendront jamais à atteindre le statut de deuil. D’où la nécessité pour la maman de se faire suivre par un professionnel, note la pédopsychiatre. «La perte d’un enfant est le deuil le plus compliqué à faire, celui qui a le plus haut risque.» Que le décès remonte à des années ou à quelques semaines, le chagrin reste immense pour les parents, à l’image d’Alexandra et Stéphane Aepli qui ont perdu des jumeaux à six mois de grossesse et Mélina et Olivier Martin-Bruchez qui ont dit adieu à leur deuxième fils, après cinq mois de grossesse.

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Trois sortes de deuil

Suite à la perte d’un enfant in utero, la maman peut rester dans l’état traumatique sans deuil, vivre un deuil «nostalgique» ou «mélancolique». Le deuil nostalgique signifie que les parents repensent souvent à l’enfant mais continuent à avancer. «La vie a repris le dessus, même si cela n’empêche pas la tristesse de revenir quelquefois», explique Anne Morard Dubey. Par contre, le deuil mélancolique est plus inquiétant. «L’enfant décédé prend alors toute la place. Les parents restent dans une tristesse permanente et ne peuvent pas vivre. C’est difficile pour leurs autres enfants et leur entourage.»

Les rituels humanisent

S’ils ne sont pas obligatoires, les rituels peuvent aider les parents vivant une telle épreuve. Certains papas et mamans ont ainsi le besoin de voir leur enfant, de le porter. «Il n’y a pas de règles. Mais ceux qui en ressentent le besoin doivent avoir la possibilité de le faire», ajoute Anne Morard Dubey.

De plus en plus souvent, les pères et mères immortalisent leur bébé pour en garder une image concrète. La plupart des personnes organisent aussi un enterrement. «Tous ces rituels permettent d’humaniser l’enfant. Les parents ont besoin qu’on considère ce bébé comme un être humain et non comme un fœtus», souligne la pédopsychiatre. Une manière aussi d’éviter la banalisation de ce décès et du ressenti des parents.

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