05.05.2017, 10:34

Petithéâtre de Sion: des migrants montent sur les planches

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Ce jour-là, Hacer et Resa se muent en Juliette et Roméo. Leurs personnalités attachantes confèrent un souffle touchant à la tragédie de Shakespeare.

Supplément "Culture" Au Petithéâtre de Sion, des migrants montent sur scène avant chaque spectacle. Ils y présentent un «déchiré de rideau», petit avant-show qu’ils travaillent dans des ateliers.

Ils viennent d’Afghanistan, de Turquie ou d’Érythrée. Ensemble, ils apprennent à connaître leur corps, à moduler leur intonation et à jouer toute sorte d’expressions, sur scène, dans ce pays et dans cette langue qui ne sont pas les leurs. Et ils y parviennent à merveille. Depuis l’an dernier, des migrants se produisent au Petithéâtre de Sion. Avant chaque représentation programmée, ils donnent vie à leur personnage dans un avant-spectacle qui entre en résonance avec la pièce principale. Au début, ces «déchirés de rideaux», comme on les baptise, ne sont pas joués par des migrants. Initiés en 2013 dans le cadre d’une résidence de la compagnie Gaspard du comédien Fred Mudry au Petithéâtre, ils ont un objectif: "Les artistes proposent aux spectateurs un parallèle avec la pièce programmée, et c’est ensuite à chacun de donner la forme qu’il souhaite à ce parallèle", explique Michaël Abbet, directeur du Petithéâtre. Après trois ans de déchirés de rideaux à succès, ceux-ci prennent un virage tout spécial. Hiver 2015. C’est la guerre en Syrie. Beaucoup de migrants se réfugient en Valais. "Un spectacle de marionnettes passait au Petithéâtre, nous avons rajouté des dates pour qu’ils puissent y assister. Puis, comme certains allaient rester, nous leur avons proposé un cours de théâtre"», raconte Fred Mudry. Les Ateliers 11 sont nés.

Apprivoiser la scène

Toutes les semaines, les migrants y apprennent l’art de la scène, encadrés par la compagnie Gaspard. Ils y préparent aussi les déchirés de rideaux du Petithéâtre. Parce que, depuis 2016, les avant-spectacles du lieu culturel sédunois sont tous joués par eux. En grimpant sur scène et en participant aux Ateliers, ces gens venus d’ailleurs apprennent le français, mais aussi bien plus que ça.

Dans les deux sens

Ils font des rencontres et pénètrent des lieux culturels. Fred Mudry souligne: "En étant valorisés de la sorte, ils font réellement partie de la société". Cette intégration, ils la vivent tout en donnant, eux aussi, beaucoup en retour. "Ils ont le terreau pour réinventer les choses, puisqu’ils ont une part d’inconnu forte vis-à-vis de notre culture", indique le comédien. Une médiation qui va donc dans les deux sens. De l’étranger au Valaisan. Du professionnel au novice. Et vice-versa. Un vrai partage qui se concrétisera peut-être encore davantage dans le rêve du groupe, s’il devient réalité: celui d’être sélectionné pour monter le spectacle d’été de la ville de Sion l’an prochain.

Ce dossier est à découvrir dans notre supplément "Culture" de ce vendredi 12 mai.


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