05.04.2017, 14:10

Hôpital de Martigny: des clowns apportent de la joie aux patients en fin de vie

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SOINS PALLIATIFS Depuis août dernier, l'association "Clown to care" offre des bouffées d'oxygène aux personnes hospitalisées à Martigny aux soins palliatifs.

Elles arrivent aux soins palliatifs de Martigny le sourire aux lèvres. Véronique Martinet et Gabrielle Bender ne se sont pas encore métamorphosées en «Citronnelle» et «Petite Pomme», leurs noms de clown respectifs, qu’elles dégagent déjà une joie communicative. Ces infirmières, l’une est Vaudoise – «le côté exotique du duo», note Véronique Martinet – et l’autre Valaisanne, sont membres de  l’association «Clown to care» qui part à la rencontre des patients en soins palliatifs.

Une bulle de légèreté

«Citronnelle» et «Petite Pomme» ne vont pas faire le show mais apporter un peu de légèreté et de poésie aux personnes en fin de vie. Véronique Martinet a d’ailleurs collé l’expression «La vie jusqu’au bout de la vie» (le slogan de l’association) sur le sac rose à pois blancs de son personnage. Non sans raison. Avec finesse et infiniment d’amour, Citronnelle et Petite Pomme ravivent l’étincelle de vie en chaque patient.

L'étape du briefing avec le personnel soignant

Avant d’incarner leur personnage, Gabrielle Bender et Véronique Martinet discutent avec une infirmière des soins palliatifs. Ce jour-là, c’est Dahlia Dos Santos qui les briefe. «Je n’ai que des retours positifs de ces clowns. Il y a de jolis partages avec les patients», nous explique la soignante en aparté.

>>A lire aussi: Hôpital de Martigny: les soins palliatifs ne riment pas avec fin

Sur les huit chambres du service, sept sont occupées. «Une dame est décédée hier soir», précise Dahlia Dos Santos, avant de donner le portrait, puis l’état physique et moral de chaque malade. «Aujourd’hui, c’est mieux de ne pas aller voir cette patiente», conseille-t-elle. Les clowns pourront rendre visite aux six autres malades.

 

©SABINE PAPILLOUD

Le duo se dirige ensuite dans une salle pour revêtir tenue de clown et nez rouge. «Le moment où on met le nez n’est pas anodin. Dès que nous le portons, nous habitons nos personnages», explique Gabrielle Bender.

D’où la nécessité de quelques minutes de concentration pour les deux clowns avant de rejoindre le couloir. «C’est en quelque sorte notre sas d’entrée.» Un passage indispensable pour elles comme leur sas de décompression à la fin des visites. «Une fois que nous avons terminé, nous nous serrons dans les bras pour lâcher la pression.»

 

©SABINE PAPILLOUD

Improvisation incessante

Le maître mot de leurs visites en chambres est l’improvisation. Rien n’est jamais écrit. Les clowns frappent à la porte, demandent l’autorisation d’entrer et improvisent avec le malade. C’est alors que peut naître la magie au sein du trio.

Après une rencontre tout en rire et tendresse avec une patiente dans le couloir, Citronnelle et Petite Pomme toquent à la porte de leur première chambre. «C’est mieux si vous ne venez pas. Le monsieur est très épuisé, mais il tient à nous voir», nous explique Petite Pomme après avoir discuté avec une proche du malade.

 

©SABINE PAPILLOUD

Parler de la mort par symbole

Quelques minutes plus tard, les artistes ressortent, émues. Elles se rendent dans un coin pour ôter leur nez et se réconforter. «C’était un moment fort. On a pu parler de la mort symboliquement. Ce monsieur est prêt à partir. Sa confiance nous a touchées.»

 

©SABINE PAPILLOUD

Après quelques minutes de récupération, les dames remettent leur nez rouge. «Je nous asperge du parfum de sérénité et on y va», s’exclame Petite Pomme en appuyant sur un aérosol imaginaire. Toutes deux partent ensuite à la rencontre d’un autre patient avec de grands problèmes de respiration.

«Vous êtes mes amies!»

Les clowns l’entourent, lui font une caresse sur la nuque, un bisou tendre sur la joue et lui envoient poétiquement de l’amour en formant des bulles de savon. L’homme,  apaisé, ne cesse de remercier ses visiteuses. Avant de sortir, Citronnelle colle un petit cœur sur la tablette du repas. «C’est un moyen pour le patient de se souvenir de cette bulle de légèreté dans les moments plus difficiles», explique-t-elle en coulisses.

©​​​​​​​SABINE PAPILLOUD

Le duo se rend ensuite chez une autre patiente. «Mais je vous ai déjà vues, vous. Vous êtes mes amies!», s’exclame avec joie la dame. Immédiatement, le trio «se reconnecte», comme le définit joyeusement Petite Pomme. La patiente éclate de rire devant la malice des clowns. «On peut passer votre porte pour venir chez vous?», demande Citronnelle au fond de son lit. La dame opine du chef.

Citronnelle et Petite Pomme passent alors par-desus la barrière du lit pour s’asseoir auprès d’elle, dans «sa maison». Toutes trois se donnent la main pour chanter «La vie en rose». La patiente émet ensuite sa fascination pour le nez rouge de ses amies. Petite Pomme lui en fournit un. «Allez, on fait schmolitz du nez!» Toutes trois entrechoquent alors leurs nez rouges pour un touchant instant de complicité.

 

©​​​​​​​SABINE PAPILLOUD

Le pays de tous les possibles

Pile à ce moment-là, tout devient possible pour la patiente. «Comme dans l’enfance», fait-elle remarquer, les yeux brillants de plaisir. «Si vous aviez une baguette magique, vous changeriez quoi?», demande Citronnelle. «Rien; je suis bien là.» Lentement, après des embrassades chaleureuses, les clowns sortent de «sa maison». «J’espère que je vous reverrai mes amies.»

En refermant la porte, Petite Pomme et Citronnelle ne cachent pas leurs émotions. «En clowns, nous vivons vraiment des moments de partage précieux», confient-elles avant de rejoindre un nouveau patient.

Informations sur le site de l'association, ici!


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