24.04.2018, 20:19

Aide aux remontées mécaniques: le retour à la raison

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Le nouveau projet de loi d'encouragement des remontées mécaniques a été dévoilé mardi.

Remontées mécaniques Le Parlement votera en mai sur une loi d’encouragement plus modeste, qui supprime les aides à fonds perdu systématique et assouplit les conditions d’octroi de prêts. Christophe Clivaz et Philippe Nantermod analysent ce projet.

La vox populi a été entendue.  Il n’est plus question de débloquer 157 millions de francs à perte pour des investissements liés aux domaines skiables valaisans. «On revient de loin », soupirait hier Marcel Delasoie, président de la commission de 2e lecture sur la loi d’encouragement aux remontées mécaniques (LERM). Présenté ce mardi à la presse, le projet était très attendu.

Subvention exceptionnelle 

En 2017, quelques jours avant les élections cantonales, les parlementaires votaient une aide à fonds perdu controversée. Début mai, ils se pencheront sur un projet de loi où la subvention demeurera l’exception. Les subventions seront accordées uniquement à des projets d’importance régionale ou nationale et leurs montants plafonnés à 4 millions de francs. Cette aide ponctuelle et non remboursable sera réservée aux liaisons plaine-montagne ainsi qu'à la réunion physique de deux domaines.

 

«La vocation des sociétés de remontées mécaniques est d’être rentables, la logique économique doit primer.» Philippe Nantermod, conseiller national PLR

 

Les observateurs avertis approuvent. «Cette solution est extrêmement satisfaisante et modérée», estime Philippe Nantermod. Le conseiller national libéral radical qui rédige actuellement une thèse sur les remontées mécaniques analyse: «Le coup de pouce à ce secteur est important car l’accès au crédit est limité, mais la vocation des sociétés de remontées mécaniques est d’être rentables, la logique économique doit primer.»  La solution est «judicieuse» pour Christophe Clivaz, professeur en tourisme sur le site de Sion de l’UNIL. Il s’interroge toutefois sur les critères de cette aide exceptionnelle: «La valorisation des activités estivales ou l’axe de l’hébergement seront-t-ils pris en compte?» Marcel Delasoie rétorque: «La demande sera analysée dans sa globalité, en termes de stratégie et de développement, mais le lien avec le domaine skiable et les activités d’hiver reste prépondérant.»

 

«On ne peut pas arroser tout le monde, il faut des règles.» Christophe Clivaz, professeur en tourisme à l'UNIL

 

Conditions assouplies

Le masterplan obligatoire sera donc déterminant pour toutes les formes d’aides étatiques, qu'il s'agisse de subventions, prêts ou cautionnements. Les conditions d’obtention de ces aides ont été assouplies en abaissant la marge EBITDA, soit le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement. Si cette marge liée au chiffre d’affaires sur les trois dernières années est supérieure à 25%, l’aide sera plus grande que si elle se situe entre 20 et 25%. Dans tous les cas, la société devra en outre disposer de 20% de fonds propres. Christophe Clivaz souligne un dilemme: «On ne peut pas arroser tout le monde, il faut des règles, mais en même temps, ce critère financier permet de soutenir une société et d’en exclure d’autres.» On retrouve la logique de rentabilité, pour Philippe Nantermod, «Il faut être conscient que les remontées mécaniques ne sont pas un loisir pour le Valais mais une branche de l’économie comme les autres». 

Un montant de 818 millions, c’est le coût des investissements nécessaires pour mettre à jour l'ensemble du parc de remontées mécaniques et les installations d’enneigement en Valais. Le nouveau projet de loi permettra d’accorder des aides à hauteur de 270 millions. Contesté, le critère du chiffre d’affaires minimum de 2 millions a été supprimé. Cette mesure devrait permettre à une dizaine de sociétés de bénéficier d’aides étatiques auxquelles elles n'auraient pas pu prétendre.

Création d'un fonds cantonal

Plus de transparence dans l’octroi des aides passera aussi par la création d’un fonds cantonal pour les remontées mécaniques. Sa mise de départ n’est pas connue mais il sera à l’avenir alimenté par l’amortissement et les intérêts des prêts accordés. Il appartiendra au Conseil d’Etat d’en fixer les modalités dans un règlement d’application.


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